[TENNIS] Contre toute attente, Marc Rosset, 48 ans, décroche son premier Grand Chelem à carnaval

Il faut le reconnaître, c’est une surprise. « Un miracle », corrige d’emblée Pascal Droz, journaliste sportif, ami et collègue du Genevois. Reste que Marc Rosset l’a fait. Il accroche un premier Grand Chelem à son palmarès. D’aucuns voient en lui le renouveau d’un tennis « pathologiquement porté sur la performance ». Son coup de raquette leur donne raison.

« Les gens ont fini par oublier mes origines genevoises »

Si Marc Rosset a glané ce sacre, c’est aussi en restant fidèle à ses principes. « Il picole comme il commente un match: sans retenue », glisse Pascal Droz. Un atout précieux pour braver les six soirées de carnaval. Les paupières mi-closes, Marc Rosset détaille ses tribulations nocturnes: « J’ai été jeudi à Savièse, vendredi à Saint-Léonard, samedi à Sion, dimanche à Evolène, lundi à Monthey et mardi à Miège ». Un récital, disent les experts.

Le tennisman genevois aura donc dû attendre ses 48 ans pour briller sur le circuit. « Mais ce n’était pas mon premier coup d’essai », confie-t-il en débouchonnant un Pinot noir pour « tenir le coup ». « C’est juste que les gens ont fini par oublier mes origines. Avant, dès que j’étais en lice pour le Grand Chelem, j’avais coutume d’expliquer en quoi le canton de Genève était en tout point supérieur à celui du Valais. Je finissais toujours par me faire casser la gueule ». Cette fois-ci, l’expérience aidant, Marc Rosset a su se plonger dans un mutisme bienvenu quand de quelconques rivalités cantonales nourrissaient les discussions.

Mieux que Federer

Il le dit lui-même, à côté de sa performance, « le 100e sacre de Federer à Dubaï est anecdotique ». Il apparaît visiblement irrité. « C’est un tournoi mineur dans une ville où on n’a même pas le droit de boire un verre, c’est te dire ».

Caliméro Fournier