[Nouveaux billets de 1’000] La Raiffeisen de Chermignon en rupture de stock après 13 minutes

«Soyons clairs, en Suisse, seul AC/DC a fait mieux !» Prosper Duc jubile. Le responsable de la Raiffeisen de Chermignon a réussi, sans vraiment le vouloir, un coup médiatique d’envergure. Alors qu’en 2010 le célèbre groupe de hard rock avait mis douze minutes pour écouler les 45’000 billets de son concert au stade de Suisse, neuf années plus tard, la modeste banque valaisanne a écoulé l’entier de son stock de nouveaux billets de 1’000.- en treize minutes. «On savait que ce billet aurait du succès par chez nous, mais de là à imaginer un tel raz-de-marée… Les gens se sont déplacés de partout: d’en Haut, d’en Bas et même du Milieu.»

Rien à voir avec de l’avarice

Mais comment expliquer un tel engouement pour le dernier arrivé de la nouvelle collection de billets suisse? Présent pour obtenir ses précieuses coupures, Emile Bonvin l’explique en ces termes. «Techniquement, ces nouveaux billets valent plus que les anciens. Ils sont plus petits, donc chaque millimètre carré a plus de valeur. Ce n’est pas de l’avarice, ce sont des mathématiques», assène «Mimille». Par chance, pour la petite structure bancaire, certains indices lui avaient permis de se préparer au pire. «Cela faisait quelques jours déjà que les quartiers du village s’agitaient à la nuit tombée. On voyait des gens sortir de chez eux, pelle à la main et se diriger vers le fond du jardin pour déterrer leur argent», confie le responsable de la banque. Peu habitués à être pris d’assaut – «aller comprendre pourquoi, les gens ici se méfient des banques», souligne-t-il en aparté -, Prosper Duc et son équipe sont pourtant parvenus à faire face. «On savait à quoi s’attendre, puisque la veille au soir déjà des habitants campaient devant nos portes», explique Ambre Rey, collaboratrice.

Isérables appelé au secours

Et au matin une fil d’attente longue de deux kilomètres attendaient les employés de la banque. «Il y avait de tout: des gens avec des sacs à dos remplis de billets, d’autres avec des brouettes, certains avaient même engagé leur propre service de sécurité pour l’occasion.» Mais cette ruée «vers l’or» a également fait quelques déçus, qui n’ont pas pu échanger leurs précieux billets suite à la rupture de stock. À ce sujet, Prosper Duc se veut rassurant. «Nous avons d’ores et déjà pris contact avec la banque d’Isérables pour qu’elle nous fournisse son stock.» Celle-ci n’en ayant en effet pas l’utilité, puisque la plupart des transactions se font encore par troc dans le village.

Vital Monnet