[L’Alcazar] Ivres, ils décident d’écrire un livre sur l’actualité valaisanne

«J’en ai eu des idées dans ma vie, mais j’avoue que sur celle-là j’ai tapé haut». Vautré sur la table de son carnotzet, Germain Bornet sourit d’un air béat. À ses côtés, le menu est copieux: épaves de pizza, cadavres de bières et shots aux effluves douteuses. Mais quelle est donc cette idée dont le jeune Bornet – ou du moins ce qu’il en reste – est si fier? «Ecrire un livre sur l’actualité valaisanne, vous y aviez pensé avant vous?», lâche-t-il d’un ton agressif en s’accrochant péniblement à ce qu’il lui reste de dignité. «Si personne n’y avait pensé, c’est qu’il y a sans doute une raison», soupire Tristan au milieu d’une montagne de papiers griffonnés.

À ses côtés, Abdelkader Perruchoud préfère tourner la chose en dérision. «Cette idée est presque aussi brillante que les yeux de Caliméro Fournier un lendemain de cuite», s’exclame-t-il en envoyant un coup de patte dans le dos d’un Vital Monnet totalement défait. Un peu plus loin sur la table Innocent Dubuis prouve qu’il n’est pas forcément du matin – ou de l’après-midi plutôt. «Je les connais bien trop pour me réjouir, les idées ils les ont mais quand il s’agit de mettre en pratique, c’est toujours bibi qui s’y colle.»

On a tenté le pari

«Ecrire un livre sur l’actualité valaisanne» c’est aussi fou que de faire le carême de l’alcool au Comptoir, aussi ambitieux que d’apprendre à un Vaudois à dépasser les 120 km/h sur l’autoroute, aussi imprudent que de manger une raclonnette dans le Val de Bagnes, aussi impossible que de skier à Montana à la fin de l’hiver et aussi intrépide que de se revendiquer vegan en période de chasse. Mais pour vous, L’Alcazar a quand même tenté le pari.