[Evolène] Afin de mettre un terme aux festivités de Carnaval, le canton va organiser un safari alpin pour éliminer les dernières Peluches

«Le temps de la débauche est terminé. Je veux bien que l’on soit chez les sauvages ici, mais on reste en terre chrétienne. Place au Carême !» Les mots de Jacques Melly tonnent au cœur de la nuit, sur la place du village d’Evolène. Après près de deux mois de festivité, le célèbre et traditionnel Carnaval évolénard a pris fin mardi soir.

Du moins, officiellement. «Lorsqu’on a procédé au décompte pour rendre les Peluches à leur famille, on s’est aperçu qu’il manquait une dizaine de têtes au troupeau», s’inquiète Edouard Gaspoz, porte-parole du Carnaval d’Evolène.

Des «animaux» qui errent toujours dans la nature et qui sèment la panique sur le territoire communal. «Le premier problème, c’est l’odeur. Après autant de jours dans leur déguisement, les Peluches n’ont presque plus rien d’humain. Elles avalent des litres d’alcool, elles bouffent tout ce qui traîne.»

Le loup, l’agneau et Melly

Un agriculteur habitant en lisière de forêt aux Haudères confie d’ailleurs s’être fait dérober un agneau durant la nuit de mercredi à jeudi. «Ça ne me dérangerait pas de mettre la faute sur le loup, mais je préfère être honnête, ce sont des gars du coin qui ont fait le coup», lâche avec un brin de rancœur Yvon Gaspoz.

Ne sachant plus comment gérer le cas, les autorités communales évolénardes ont donc fait appel au conseiller d’Etat en charge du département de la mobilité, du territoire et de l’environnement. «On a eu écho de la façon brillante dont il a géré les dossiers chauds de son dicastère, ça nous a convaincus de le solliciter.»

Bouquetin ou Peluche, pas besoin de choisir

Et une fois de plus, Jacques Melly ne s’est pas défilé. Entouré par les décideurs du service de la chasse, le conseiller d’Etat s’est appuyé sur ses récentes expériences pour concocter un plan d’action capable de mettre fin aux agissements néfastes des Peluches.

«Faire appel aux chasseurs de la région pour combattre le problème serait éthiquement inconcevable. Et surtout inefficace… quand on voit le temps qu’il leur faut pour abattre un loup», explique l’expérimenté homme politique.

Ainsi, l’Etat du Valais a décidé de se tourner, une nouvelle fois, vers les agences de voyage spécialisées dans les séjours de chasse pour mettre un terme définitif à cette problématique. «Désormais les richissimes chasseurs étrangers pourront s’offrir un bouquetin et dans l’enchaînement venir s’essayer au tir des Peluches.»

Vital Monnet