Des rescapés du terrible séisme de Loèche-les-Bains témoignent

Ils s’appellent Joseph, Blanche et Lucette et tous ont un point commun : ils ont survécu au terrible tremblement de terre de hier après-midi. Notre équipe de reporters est partie à leur rencontre. Récit.

“Mon chat est encore tout apeuré”

16h44, tout se passait à merveille pour Blanche dans son domicile de Sierre. Occupée à nettoyer la cage à pétole de Tadneige, son chat tigré de deux ans, elle ne se doute encore de rien. En l’espace de quelques secondes c’est le drame, le sol se met à trembler, les vitres également. Trois secondes d’horreurs inouïes. Plusieurs bibelots se cassent sous la violence du séisme. En personne responsable, Blanche se réfugie immédiatement sous une table. Après de longues minutes d’attente et d’incertitude elle refait surface pour constater les dégâts. Une petite sculpture d’une valeur inestimable représentant son Tadneige en porcelaine, une statuette de la Vierge Marie ainsi qu’un verre à vin de la cave Gsponer à Ulrichen feront parti des victimes du désastre. Par miracle son petit félin a survécu malgré le traumatisme subi. Elle se console en lui récitant un poème en haut-valaisan. Encore en état de choc, Blanche a néanmoins le réflexe d’avertir les secours. Ni une ni deux, elle dégaine son smartphone et ouvre l’application Facebook. Par chance, le Nouvelliste avait déjà été saisi de l’affaire en signalant la secousse sur le réseau social. La Sierroise en profite pour indiquer à ses amis que tout va bien et commente ainsi la publication du quotidien valaisan : “Forte secousse à Sierre, les vitres ont vibré, quelques objets se sont brisés sous l’impact de la déflagration. Mon chat est encore tout apeuré”.

Un gros trou noir

Même traumatisme du côté de Joseph à Loèche-les-Bains. Travaillant au sein même de la station thermal en tant que manœuvre, Joseph était en train de repeindre un mur dans un bâtiment en travaux lorsque l’incident se produisit. De longues et intenses secondes figeront le malheureux sur place. La peur se dessina sur son visage. Tout comme Blanche, il attendra encore plusieurs minutes avant d’entreprendre quelque chose. Comme tétanisé par la puissance du bruit, il ne parvint plus à se rappeler avec exactitude ses faits et gestes. Néanmoins, il se souvint avoir appelé le 144, le 117 ainsi que le 118 afin de les avertir de l’onde de choc ressentie. Plus de peur que de mal pour Joseph qui décidera de terminer sa journée de travail après cette secousse.

“Je me suis dit, bordel Gérard t’as encore foutu de la goutte dans mon café et j’ai des hallucinations”

Lucette, quant à elle, était bien plus loin de l’épicentre du tremblement de terre puisque c’est dans sa maison de Vouvry qu’elle se trouvait au moment de la secousse. “Le sol a bougé deux secondes, j’ai rien compris. Je me suis dit, bordel Gérard (NDLR: son mari) t’as encore foutu de la goutte dans mon café et j’ai des hallucinations. Que nenni, j’ai allumé l’ordinateur et zieuté sur Facebook. Déjà 5 de mes amis avaient actualisé leur statut par rapport au tremblement de terre. Je me suis sentie rassurée malgré le choc” claironne-t-elle en buvant son cappuccino. Un choc, ce n’est pas peu dire. Toute penaude, Lucette avouera même s’être fait pipi dessus, et cette fois-ci, son incontinence urinaire n’y était pour rien.

Syrie-Valais : l’insécurité

Vingt-quatre heures après le séisme, nos trois rescapés sont encore bouleversés mais se disent heureux d’avoir survécu malgré les dégâts matériels. Au moment de retourner dans les bureaux de la rédaction, Paul-Loup, un des stagiaires non rémunéré de l’Alcazar fait la rencontre de Sayid, jeune réfugié syrien de 22 ans. Tout chamboulé, Sayid appartient lui aussi au camp des rescapés. Arrivé le 16 octobre en Valais, le bougre a décidé de retourner dans son pays d’origine car la menace d’un séisme gigantesque annoncée par tous les médias a, selon lui, eu raison de sa détermination. Il a expliqué avoir décidé ceci en apercevant la peur dans le regard d’un chat, rencontré au hasard d’une ruelle de Sierre lors du tremblement de terre. Pour lui, quitte à vivre dans un pays instable, plutôt vivre auprès des siens.

Erdbeben Guex

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