[Coronavirus] Christophe Darbellay invite tous les habitants du canton à chanter l’hymne valaisan depuis leur balcon mardi à 13h13

Les yeux mouillés, les mains tremblantes, Christophe Darbellay se présente en salle de conférence du Conseil d’Etat valaisan. Quelques heures après avoir proclamé «l’état d’urgence» sur tout le territoire du canton, le vice-président du gouvernement réagit aux nouvelles directives fédérales.

«Beaucoup d’experts nous ont reproché, via des commentaires Facebook toujours très pertinents, de ne pas être suffisamment proactifs face à la crise majeure qui nous touche. Cette fois, nous allons prendre les devants», clame-t-il.

13h13, le symbole

Solennellement, le longiligne martignerain pose alors sa main sur son cœur avant de s’exclamer. «Mardi à 13h13, j’invite toutes les Valaisannes et tous les Valaisans à se rendre à leur fenêtre pour chanter notre hymne.» «À situations extraordinaires, mesures extraordinaires», commente-t-il après une courte pause.

Face à lui, la cohorte de journalistes présente à cette conférence tente de comprendre et d’analyser la portée de cette nouvelle «mesure.» «À partir du moment où les Italiens ont commencé à chanter leur hymne au balcon, les contaminations ont diminué», s’explique Christopher Darbellay. Le conseiller d’Etat PDC précise également que l’horaire a été choisi en référence aux «treize étoiles» du drapeau valaisan. «Fredo croyait que je voulais faire référence au FC Sion, mais à ce moment-là on aurait dû choisir 13h14», sourit-il. «Au départ, on avait misé sur 11 heures, simplement, pour l’apéro. Mais on s’est dit que ça risquait de partir en piste généralisée.»

Qui pour chanter l’hymne?

En plus de produire un élan de cohésion cantonal, cette mesure permettra également de maintenir les traditions et l’attachement au Valais, selon Christophe Darbellay.

«Actuellement, les bistrots sont fermés, les matchs à Tourbillon annulés, soit les deux endroits où des gens ivres chantaient l’hymne. Cette mesure permettra à chacun de se rappeler des paroles une fois l’épidémie contrôlée. D’ici là, lavez-vous les mains, gardez vos distances et aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.»

Vital Monnet