[Solidarité] En cette période de crise, les résidents du home de Martigny se proposent pour faire les courses des joueurs du FC Sion

S-O-L-I-D-A-R-I-T-E. En ces temps de crise sanitaire, ce mot est sur toutes les bouches et dans toutes les initiatives de soutien organisées aux quatre coins du canton. Un élan qui s’est propagé jusque dans les couloirs de l’EMS des Tourelles à Martigny. «C’est dur d’être confiné dans nos chambres, loin de nos proches, mais ce qui est encore plus dur c’est de voir tous ces gens qui s’entraident, sans que nous puissions nous rendre utiles», souligne le nonagénaire Marius Giroud. Mais après d’âpres et interminables négociations avec la direction du home, les résidents ont fini par obtenir une dérogation.

Pour les « oubliés » de la pandémie

«Notre projet est de venir en aide aux plus démunis, les oubliés de la crise. Je parle bien sûr des joueurs du FC Sion. Ces jeunes garçons plein de vigueur se retrouvent du jour au lendemain au chômage ou même sans contrat. C’est horrible.» Marius Giroud et ses compères ont donc décidé d’agir. Inspirés par les initiatives solidaires, ils se sont proposés pour aller faire les courses des joueurs sédunois. «On a suivi l’exemple de leur directeur sportif, le jeune et brillant Barthélémy Constantin, qui s’était proposé pour rendre des services aux personnes à risque de la région.»

Le directeur sportif mis en cause?

Une expérience qui a cependant tourné court, selon les sources des retraités des Tourelles. «Un gars de ma classe a eu recours à ses services. Il a débarqué en Ferrari chez lui, a pris sa liste de course et est parti. Il est revenu une heure plus tard avec tout dans un sac, tout sauf ce dont ce vieil homme avait besoin.» Très remonté, le retraité a fait part de son incompréhension au directeur sportif du club sédunoise. «Il a simplement dit que c’était une déformation professionnelle, qu’il était désolé, mais qu’il avait l’habitude d’acheter tout et n’importe quoi.» Pour se faire pardonner, Barthélémy Constantin aurait proposé à son interlocuteur «une mangue brésilienne très rare, qui serait selon lui, la future star des rayons de supermarché.» Une offre que le vieil homme a gentiment refusée.

Vital Monnet