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Tiens, c’est Noël

Eh merde. C’est reparti. C’est Noël. Bon je sais, les puristes me taperont sur les doigts parce que la naissance officielle du petit Jésus c’est le 25, donc demain. Mais bon demain, on aura tellement le bide rempli de sauce poivrée, de bûche au chocolat et de vieille prune qu’on sera incapable de lire un texte de plus de 3 lignes sans s’endormir. D’autant plus que tu sais qu’à peine debout, c’est rebelote, t’es invité chez grand-maman, tata-tonton ou chez la belle famille pour un nouveau gueuleton. Et généralement le 25, les hôtes savent que le repas de la veille fut abondant pour ne pas dire pantagruélique, alors Tata Monique, elle a mis les petits plats dans les grands pour impressionner encore plus et elle foutra le double de portion que la veille au soir.

Passons, mais j’y reviendrai. Voilà, on y est, la période de Noël touche à sa fin. « Enfin » diront beaucoup, « déjà » dira Michel toujours accoudé au stand de vin chaud. Au delà de l’atmosphère féérique qui se dégage, au delà du fait de se retrouver en famille, en offrant du temps pour nos proches dans une société devenue trop individualiste, on ne peut que se désoler de voir cette fête devenir de plus en plus qu’une vaste machine à consommer. Les païens festoyaient Sol Invictus à la fin des saturnales, tandis que les chrétiens ont par la suite fêté la naissance de Jésus-Christ. Une fête religieuse qui devrait peut-être plus retrouver ses vraies valeurs de partage, d’entraide et de solidarité, notamment envers ceux qui n’ont pas toujours de quoi vivre décemment, que ce soit ici ou partout dans le monde.

La parenthèse philosophique fermée, je crois qu t’es prêt à passer à la meilleure phase.

  • Toi qui t’es coltiné les décorations lumineuses de ton énergumène de voisin depuis 6 semaines.
  • Toi qui t’es tapé tous les magasins du Valais central pour désespérément trouver un cadeau à ton petit cousin pour qu’au final il s’amuse plus avec le papier cadeau qu’avec le jouet lui-même.
  • Toi qui a dû accompagner Madame au marché de Noël de Montreux pour qu’elle puisse mettre une photo totalement superficielle sur Instagram avec un hashtag bien dégueulasse avec comme seule consolation, une autorisation à faire un détour par le Casino histoire que tu te fasses encore plumer 100 boules à la roulette et que tu finisses ta journée en beauté.
  • Toi qui t’es senti obligé de faire des biscuits de Noël en forme d’étoiles pour être plus branché et faire le crâneur devant les collègues.
  • Toi qui t’es brûlé la langue au moins trois fois en ayant les yeux plein de larmes en dégustant un vin chaud. Mais ça t’a pas empêché d’écouter le débat bouillant entre les pro vin chaud rouge et ceux qui préfèrent le blanc.
  • Toi qui as aussi droit au débat pour savoir qui de la boucherie Del Genio à Vissigen ou de Chez Vito à Chippis faisait les meilleures viandes, mais au final quoi que tu choisisses tu devras te taper les deux heures de queue avant d’accéder à ta commande. Pas de soucis, t’auras tout le temps de papoter avec la « dame au chien » dehors devant qui te dira d’un air détendu : « mais y’a un monde fou hein ». Merci Captain Obvious.
  • Toi qui en a profité des nocturnes pour faire la tournée des magasins avec une liste de choses à acheter. Sur le chemin, t’as rencontré Régis, une vieille connaissance qui t’as proposé de boire un vin chaud, puis deux puis trois, puis tu es rentré les mains vides et la tête sur Soleure.
  • Toi qui a eu la chance d’avoir eu comme question existentielle en guise d’insomnie « mais un 24 décembre sans neige même en montagne, est-ce vraiment dans l’esprit de Noël ? »
  • Toi qui t’es demandé que mangerait Piero San Giorgio, le survivaliste, à Noël.
  • Toi qui a dû affronter le dilemme de savoir si c’était responsable de manger du foie gras sachant les conditions de gavage des oies. Surtout que t’as un cousin vegan qui ne s’est pas gêné de partager sur Facebook 7 vidéos de la cause animal ces derniers jours.
  • Toi qui a fait des cours de yoga pour supporter le fameux type (ils sont parfois plusieurs) qui te souhaite un « Noyeux Joël ». Toi qui… non c’est tout, j’en ai assez dit.

Maintenant tu peux tirer une croix sur ce douloureux passé et apprécier cette fête en famille. Tu tâcheras de te tenir, de pas te servir 12 assiettes de wapiti et de finir le carton de Gamay avant le début du plat principal. Et le digestif, comme son nom l’indique, c’est une boisson qui aide à digérer, pas à mesurer qui de toi ou de ton cousin réussit à boire le plus rapidement la rangée de shot sur la table. D’autant plus que tu dois te garder pour les vins chaud de Noël devant la Cathédrale de Sion. T’as pas d’excuse parce que c’est gratuit et conviviale. Mais tu feras quand même le signe de croix par respect au petit Jésus avant d’ingurgiter le délicieux breuvage. Tu croiseras deux-trois copains et de fil en aiguille tu trouveras le moyen de te faire embarquer au Trentequarante afin de bien profiter de ce lieux mythique avant sa fermeture. L’affluence record de 16 personnes te permettras de te remettre au pas au niveau de ton déhanché en enflammant la piste de danse vide sur les mélodies envoutantes de la déesse Shakira. Tu quitteras ce haut lieu de la vie nocturne sédunoise non sans avoir lâché une petite larme après avoir sifflé la haut sur la colline avec l’incontournable Joe. Après t’être fait foutre dehors par les agents de sécurité, tu finiras ta soirée à lancer des chants glorieux et très intelligent à la gloire du FC Sion. Puis tu appelleras Taxi Vera  pour te ramener à bon port, parce que t’es un gars responsable (et accessoirement parce qu’on t’a déjà retiré le bleu). Ah, et t’oublieras pas de mettre le réveil à 9h30 pour la messe et l’apéro chez Tata Monique.

Raoul Tornay

 

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