Le Collectif de la grève des femmes* lance une initiative contre l’épilation intégrale

Un article de https://www.croptop-noeudpap.media

Après le succès en votation de l’initiative “anti-burqa” de ce dimanche, le Collectif romand de la grève des femmes* a décidé d’ajouter une nouvelle injonction libératrice de la condition de la femme. Contre l’oppression patriarcale, il demande donc au travers d’une initiative populaire d’interdire toute forme d’épilation intégrale. Début de la récolte des signatures le 8 mars pour la journée de la femme, « un symbole fort », selon le collectif.

« Nous devons faire notre autocritique, il n’y a qu’un féminisme, et c’est le comité d’Egerkingen qui en détient les clefs ». C’est sur ces paroles que le Collectif de la grève des femmes* admet sa défaite après le OUI à l’initiative pour l’interdiction de se dissimuler le visage. « Nous allons d’ailleurs changer notre nom : dorénavant, nous serons « le collectif de LA femme ». C’est plus clair pour tout le monde. Le déterminant « les » impliquait trop de diversité, on commençait à se perdre.»

A quoi ressemble la femme moderne ?

Cette déclaration découle en effet d’une réflexion profonde sur ce que doit être une femme ou non. « Au 21e siècle, il n’y a pas 36 milles façons de revendiquer sa féminité», ajoute le collectif. Pour les membres de ce groupe féminin, la meilleure manière d’appartenir à cette catégorie est dorénavant de se montrer politisée, si possible ne pas avoir des cheveux trop longs, un tatouage est le bienvenu, un piercing aussi. Évidemment, une femme portant le foulard ne peut-être féministe, une femme au foyer ou une grand-maman gâteau non plus. « Il est important de dire aux jeunes fille ce qu’est une femme moderne. Ce n’est pas quelqu’une qui se sent libre de ses choix. C’est celle que l’on a libéré. Nous avons beaucoup appris de l’UDC en ce début d’année. Merci à eux. Comme quoi, nous avons encore beaucoup à apprendre des hommes blancs cis genre», admet l’une des membres.

« Toute femme qui s’épile, le fait sous la contrainte »

Grande nouveauté, le collectif s’attaque maintenant à la pilosité. Si la question de l’épilation est depuis bien longtemps un sujet de discussion dans ce collectif, les membres veulent maintenant passer à l’étape supérieure : « Nous pensons que toutes les femmes qui se rasent, même un peu, le font sous la contrainte, soit de leur copain, soit de la société. Nous voulons leur donner la possibilité de se libérer. » Pour elles, si l’interdiction de la burqa était une problématique qui ne les touchait pas beaucoup (une culture étrangère qui n’impactait que très peu de femmes en Suisse), la question de l’épilation en revanche est primordiale et correspond à leur quotidien. « Certaines amies nous disent qu’elles se sentent plus à l’aise sans aucun poil entre les jambes. Nous considérons que cette réflexion n’est plus légitime. »

La récolte de signatures « Oui à l’interdiction de l’épilation intégrale » sera donc lancée ce 8 mars, journée de la femme et lendemain de l’acceptation de l’initiative du comité d’Egerkingen. « Un symbole fort ! », jacte une membre du collectif aux cheveux violets.

Exception pour les hommes

Précisons que le texte prévoit des exceptions : « Oui, c’est important par exemple pour le sport : nous pensons à nos amis cyclistes ou nageurs pour qui c’est une question de performance.» L’épilation sera également permise pour des questions sanitaires (opérations chirurgicales ou épidémie de morpion par exemple). « Un point qui nous tenait également à cœur était également de ne pas impacter l’homme dans cette initiative. Toute épilation intégrale sera donc permise pour « des raisons de virilité ». Nous voulons que le mâle qui se revendique progressiste puisse avoir toute liberté d’exprimer sa subversion par sa pilosité ou son absence de pilosité. »

Et d’ajouter : « Si nous avons du succès dans cette démarche, nous réfléchissons à lancer une initiative contre les talons aiguilles et la prostitution. » Et le slogan est déjà tout trouvé : Ne perd pas de temps à te libérer, nous nous en chargeons.

Maxence Favre

*attention ce texte n’est pas assez sourcé