Unai

[Interview] Unai Emery claque la porte du PSG et retourne entraîner la 2 du FC Lens

Le Paris Saint-Germain n’a plus d’entraîneur. Assis sur un siège éjectable enflammé depuis son élimination contre le Real Madrid, le technicien Unai Emery a préféré anticiper son éviction programmée pour la fin de saison. L’entraîneur a pris la direction de son ancien club, le FC Lens.

Nos équipes l’ont rencontré au Sporting Club où il a dans un premier temps décliné toute interview. Trois de goron et deux entrées VIP pour la finale nationale des reines plus tard, le technicien a finalement accepté de se confier. Interview exclusive.

Déjà, arrêtez de m’appeler technicien. Je bosse pas à Sierre Energie!

Unai, l’élimination contre le Real, elle fait mal ?

Ce qui fait mal c’est de perdre contre une équipe dont le buteur vedette a la même coupe de cheveux que la star du cycle de Grône. Il lui manque plus que la queue de rat…

La blessure de Neymar a-t-elle contribué à votre perte?

C’est la première fois que je vois un joueur avec un ongle incarné se faire exfiltrer par les services secrets de son pays pour aller se faire soigner afin d’être rétabli pour jouer la Coupe du Monde. Espérons au moins pour eux qu’ils n’en prennent cette fois que cinq contre l’Allemagne.

Selon certains observateurs, le niveau de la Ligue 1 est trop faible pour tenir la comparaison face aux cadors européens.

C’est clair que quand tu joues contre une équipe dont le PIB de la région est inférieur au salaire hebdomadaire de ton banc de touche, c’est difficile de motiver les gars.

Unai, pourquoi avoir choisi de faire vos valises avant la fin de la saison alors que plusieurs belles échéances vous attendaient comme le championnat, la coupe de France et la coupe de la ligue ?

La coupe de la ligue ? Même le film du vendredi soir sur RTL fait plus bander que cette compétition. Et l’idée d’ajouter un autre immonde calice doré sur ma cheminée m’a définitivement incité à partir.

Avec le recul, vous avez quand même réalisé de grandes choses pour un entraîneur dont le plus haut fait d’armes était une deuxième place en quatrième ligue?

J’avoue n’avoir jamais bien compris l’intérêt du PSG mais c’est clair que quand ils sont venus me chercher, je n’ai pas hésité bien longtemps.

Vous avez été surpris une fois sur place?

Je vais être tout à fait honnête. En 1996, on a eu une saison de merde avec Lens. On a perdu successivement les derbies contre Chermignon, Mollens et Randogne. Putain Randogne sérieux ! J’ai connu quelques années de passage à vide et en arrivant au Camp des Loges après avoir signé le contrat, je m’attendais à retrouver Alain Roche, Vincent Guérin ou Djorkaeff. Sauf que moi je suis tombé sur une copie du Brasilia un samedi soir.

Ce vestiaire, toutes ces stars, c’est difficile à gérer?

Disons que quand tu débarques avec ton Audi Quattro pour épater la galerie tu te sens vite un peu dépassé…

Et les quataris dans tout ça ?

Ca m’a pas vraiment dérangé les vendeurs de tapis. On a l’habitude sur le haut-plateau des gars qui claquent leur argent à fond perdu.

Samedi vous reprenez le chemin des terrains avec le FC Lens, votre FC Lens, de quoi vous changer rapidement les idées ?

Oui et ici personne ne me les brise avec la blague sur le bus qu’il faut changer si on veut accéder un jour aux quarts. La moitié de l’équipe a loin le bleu…

Benji Zermatten