[Héroïsme] Grâce à ses statuts Facebook, tous ses contacts savent quand il y a des tremblements de terre

Pour ses amis Facebook, Roger Aymon est «un saint homme», «un humaniste au grand cœur», «la bonté et la science faites homme». Mais l’Ayentôt de 76 ans écarte tous ces qualificatifs d’un revers d’humilité. «Vous savez, moi je le fais avant tout pour les autres. Je suis loin d’être une exception, donc loin d’être exceptionnel.» Il n’empêche que depuis que la vague de tremblements de terre en Valais s’est intensifiée, la place occupée par le retraité dans la vie de ses 346 amis n’a fait que grandir. «Je pense modestement et simplement que les gens ont le droit d’être informé.»

Objectif: sauver des vies

À la moindre secousse, l’ancien conseiller général d’Ayent se précipite donc vers son PC pour y partager son ressenti. «Je sais que je prends des risques, que parfois je joue avec ma vie, mais les gens ont le droit de savoir.» «Nouvel secousse à Ayent, le vase à fleurs c’est déplacer d’un centimètre sur la table basse du salon», «encore une, cette foi, la télé a bien faillit passé par terre», «tremblement de terre ressentit à Ayent, les chats ont courru dehors». Par des mots simples, parfois crûs, mais toujours justes (sauf au niveau orthographique), le héros des réseaux informe, retranscrit la réalité et tente de prévenir les catastrophes. «Un jour peut-être, un de mes statuts sauvera une vie», lâche-t-il les larmes au bord des yeux.  

La neige comme roue de secours

Toujours à l’affût du moindre mouvement sismographique, Roger Aymon vit aujourd’hui dans l’attente. «Ça fait une semaine que plus rien ne bouge», soupire-t-il. «Une semaine sans pouvoir aider mon prochain, c’est trop long.» Par chance, la neige est venue à la rescousse du bon samaritain d’Ayent. «J’ai mis quelques photos, ça ne remplace pas les tremblements au niveau de l’impact, mais ça maintient ma communauté en éveil.» Et pour l’avenir, l’Ayentôt ne se souhaite qu’une seule chose: pouvoir être vivant à l’heure où le Big-One ravagera le canton. «Si je meurs avant, tous ces gens qui resteraient dans l’ignorance, sans personne pour les prévenir, ce serait une catastrophe !»

Vital Monnet