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[Coupe de Suisse] «A la mi-temps, tout le monde pleurait dans les vestiaires»

Il aura fallu une nuit pour que les joueurs du FC Bâle parviennent enfin à mettre des mots sur le traumatisme subi dimanche après-midi dans l’enceinte de Tourbillon. De retour dans la cité rhénane, le club rouge et bleu a activé une cellule de soutien psychologique pour venir en aide à ses joueurs. Plus que la défaite et l’élimination, c’est le déroulement du match qui a choqué le onze bâlois. Encouragé à se confier, les joueurs ont rencontré notre envoyé spécial Jimmy Micheloud au centre d’entraînement. «Ca fait du bien de pouvoir vider notre sac. Hier, le coach nous a dit de rejeter toute la faute sur l’état de la pelouse mais je sens au fond de moi que je dois aller plus loin dans le processus. Je dois ouvrir mon cœur», a sangloté Bjarnasson. Pour l’Islandais, la mi-temps dans les vestiaires sera difficile à effacer des mémoires: «Tout le monde pleurait. C’était une catastrophe. Rendez-vous compte, on est mené au score. Les Valaisans osent nous tacler. Quand on les tacle nous, l’arbitre siffle faute! Sur une situation litigieuse, comme d’habitude, on a tous été nous plaindre et l’homme en noir nous a ramené à l’ordre. Nous, le grand FC Bâle!»

«En revenant sur la pelouse, j’ai fait un clin d’œil à l’arbitre. Il m’a fusillé du regard. C’était vraiment déstabilisant», se lamente Zuffi. Heureusement, après une demi-heure, le FCB retrouve ses habitudes. «Quand on a marqué sur le coup franc, je me suis dit que les choses allaient rentrer dans l’ordre. On a enfin pu jouer plus relâché. J’étais sûr que l’on allait égaliser sur penalty avec la complicité du trio arbitral. Bon sang, j’ai vraiment pas compris pourquoi l’autre grand pic avec les tatouages de Prison Break a labouré Breel. Je lui ai fait un clin d’œil mais il a pas aimé…», témoigne Suchy.

Pour Safari, c’est surtout la prolongation qui est traumatisante : «Déjà, c’est quoi une prolongation? Personne n’en avait jamais entendu parler. Heureusement, le coach nous a rassurés. Il nous a dit que les choses allaient tourner. Le message était assez évident, on a donc levé le pied mais en face, ils ont continué de courir comme des dératés.» Arrivent les penaltys et là, c’est la terreur qui s’installe dans l’équipe. «Personne ne savait ce que c’était à part Walter Samuel. Il nous a expliqué que l’on allait tirer cinq penaltys. Je lui ai dit qu’un seul suffisait et que cinq, c’était pas forcément discret… Et là il m’a répondu que Sion allait aussi en tirer cinq. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc de malades!», fond en sanglots Janko rapidement suivi par ses coéquipiers.

Impossible de savoir comment l’équipe parviendra à reprendre pied. Les vacances de tous les joueurs ont été immédiatement annulées. «Nous avons dû envoyer en urgence une voiture sur l’aire d’autoroute de Martigny. Elneny était parti de son côté pour se rendre plus vite en Egypte, il s’est fait un peu chambrer par les supporters valaisans à la fin du match. On l’a retrouvé enfermé dans un placard en sanglot et déguisé en femme. Depuis il n’a plus articulé le moindre mot», lâche Urs Fischer qui s’attend à des jours difficiles. «On va passer toutes les fêtes ensemble. Le plus important c’est d’en parler mais ce traumatisme mettra long à disparaître…»

Jimmy Micheloud