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Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [2/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conthey : Frédéric Favre (PLR)
Dans sa folle course à sa gloire passée, le parti libéral-radical a malheureusement égaré le dernier embryon de crédibilité qu’il lui restait. En proposant deux candidats alibi, les Bleus étaient certains de ne pas faire leur retour au sein du gouvernement. Par chance, Frédéric Favre pourrait tout de même siéger à la présidence du district de Conthey. Sa région d’origine et donc la seule où quelqu’un serait susceptible de la reconnaître en le croisant dans la rue.

District de Loèche : Roberto Schmidt (PDC)
Sans faire un bruit, le brave Roberto Schmidt aurait empoché son siège dans un Conseil à cinq grâce à l’appui de ses concitoyens du Haut. Pas dupe, le Parlement a décidé de lui offrir la présidence d’un district à hauteur de sa personnalité, celui de Loèche. District tampon, partagé entre le Valais francophone et son voisin germanophone, à cheval sur la Raspille, difficile de revendiquer une véritable identité. Ce district lui permettra donc de pencher une fois à Gauche, une fois à droite, sans jamais se mouiller. Et puis ne nous mentons pas, grâce à ce choix, Roberto ne devrait même plus quitter sa terrasse pour se rendre dans la Berne fédérale durant les sessions du Conseil National. Le président du district et de la commune de Loèche n’aura plus qu’à se laisser bronzer tranquillement à l’abri de ses multiples casquettes.

District d’Hérens : Stéphane Rossini (AdG)
Certes le Nendard aurait préféré le district de Conthey où il a ses quartiers, voire même celui de Sion où il aurait pu faire baigner sur la capitale son légendaire sourire et sa sympathie. Cependant, comme souvent, la Gauche a dû se contenter d’un rôle de spectatrice lors de la répartition interdistrict. Comme souvent, la Gauche n’a pas pu faire entendre sa voix et Rossini devra se contenter du siège bancal, d’un arrondissement tout aussi bancal, scindé en deux par Sion et Sierre. Un petit rappel à la scission interne qui l’opposait à Esther et qui aurait dû anéantir les chances de siéger de son parti.

Vital Monnet

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[Val d’Hérens] L’Amicale des Subaru Impreza enregistre son 10’000ème membre

HÉRÉMENCE – Une nouvelle qui a des apparences de cadeaux de Noël. C’est ce qu’ont dû penser les membres de l’Amical des Subaru Impreza du Val d’Hérens (ASIVH) en enregistrant la 10’000ème recrue au sein du club. Ce dernier renforce sa place de leader des clubs de Subaru de Suisse.

Classe 1998 de Saint-Martin en force

Posséder dix mille membres dans un district d’environ onze mille habitants, cela peut interloquer. Au delà des nouveaux citoyens de la Vallée qui s’enregistrent presque tous (NDLR : 96% de la classe 1998 de St-Martin est carté a l’ASIVH !), c’est grâce aux expats que le nombre demeure aussi élevé. En effet, de nombreux Hérensards établis à Genève ou Lausanne sont, eux aussi, affiliés à l’Amical des Subaru Impreza du Val d’Hérens. Mieux encore, les fans de bolides possèdent des membres en République Dominicaine, en Argentine et même à Savièse.

Lobby contesté

Derrière cet engouement populaire, certaines personnes préférant rester anonyme par peur de représailles, se sont offusquées de cette « organisation omnipotente à tendance fascisante ». C’est le cas de *Pépito qui dénonce : « Ici, dans la vallée, si t’es pas membre de l’amicale, t’es très mal vu. On vient te voir régulièrement à la maison pour te « demander gentiment » d’adhérer au club. Pépito s’approche de nous, regarde à droite, à gauche et nous murmure à l’oreille : « Plusieurs personnes ont disparu parce qu’elles refusaient de rejoindre l’association. Elles ont sans doute été placées dans un des camps de travail de l’alpage de Ferpècle avec les traitres ayant voté oui à la Lex Weber. C’est comme pour la recette du fromage Appenzeller, tout le monde est au courant, mais personne n’ose révéler les secrets.

Déserteur malmené

Pour ceux qui ont choisi de quitter l’amicale, le vie devient impossible. C’est le cas d’Edmond C. un jeune bacounis ayant décidé il y a quelques mois de vendre sa Subaru Impreza pour s’acheter une Mitsubishi Evolution. Heureux de son achat, le pilote a décidé de poster sur son réseau social préféré, une photo de lui et de son nouvel engin avec en arrière plan la Dent-Blanche comme la coutume le veut. Il s’en est suivi un flux d’insulte continu pendant deux semaines jusqu’à ce que le compte du déserteur soit définitivement fermé. Le jeune homme a par ailleurs reçu plusieurs lettres de menace et la frange la plus virulente de l’ASIVH n’a pas hésité à rayer la carrosserie et crever les pneus du nouveau véhicule. Aux dernières nouvelles, le traître, comme l’appellent les chauffeurs d’Imprez’, a du déménager en Vaudoisie pour mener à nouveau une vie tranquille. Il a toutefois refusé de répondre à nos questions par peur des représailles.

*prénom d’emprunt

Pastille Salamin

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[Via Sicura] Retrait de permis pour un Zurichois conduisant avec 2 paquets de chocolat Mon Chéri dans la boîte à gants

Effretikon –  La très controversée Via Sicura continue à faire parler d’elle. Et pour cause. Le 7 novembre au soir, Kasimir Berchtold, un charpentier zurichois de 34 ans, se fait contrôler au volant de son 4×4 dans les environs de Zurich. N’ayant rien à se reprocher, Kasimir se soumet immédiatement au contrôle de la police cantonale. Après un rapide test d’alcoolémie, les agents constatent que le trentenaire est totalement en règle puisque son taux d’alcoolémie affiche 0.23 ‰. Cependant, les policiers ne veulent pas en rester là et décident de fouiller entièrement le véhicule.

Kirsch mis en cause

Lors de la fouille, les forces de l’ordre découvrent deux boites de chocolat Mon Chéri. Suspectent-ils que de la drogue se cache là-dedans ? Kasimir n’en sait rien mais il se voit confisquer ses chocolats qu’il venait de recevoir lors d’un repas de famille de son oncle sous tutelle. Les agents le laissent filer, sans ses paquets évidemment. Surpris, le Zurichois pense avoir affaire à des policiers véreux voulant festoyer la fin de leur service avec un peu de pitance. Que nenni. L’affaire prend une toute autre dimension quelques semaines plus tard. En effet, Kasimir reçoit chez lui une lettre recommandée du Service Automobile lui infligeant un retrait de permis de trois mois. Trois mois de retrait pour deux vulgaires boites de chocolat, le charpentier tombe des nues et refuse d’y croire. Dans sa lettre, le Service Auto détaille sur deux pages les raisons de ce retrait. Le durcissement de Via Sicura y est pour beaucoup. En possédant dans sa boîte à gant des chocolats avec de l’alcool dedans, Kasimir est susceptible d’être un alcoolique notoire qui, à défaut de boire de l’alcool, s’enivre avec de la nourriture.

Recours annoncé

Très contrarié par cette décision qu’il considère « inacceptable et scandaleuse », la victime de l’affaire promet de faire recours contre son retrait de permis. Par ailleurs, il est en train de réfléchir à une action pénale visant à dénoncer « la mascarade qu’est Via Sicura ».

Lassana Cretton

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[Vissigen] Trop souvent en training, plusieurs groupes de jeunes risquent la déchéance de nationalité

SION – On connaissait le quartier de Vissigen comme le quartier du Stade de Tourbillon, de la meilleure boucherie de la région ou encore celui du golf. Le voici maintenant également reconnu comme un lieu où plusieurs groupes de jeunes ont élu domicile. L’arrivée des beaux jours n’a que fait accroître le nombre de résidents dans la cité. Si la criminalité n’y est que peu présente et les problèmes rares, les autorités, elles, sont particulièrement remontées face à ces groupes de « zonards ». La raison ? Les jeunes sont quotidiennement dehors vêtus de training. Explications.

La Suisse, ce havre de paix

Au pays d’Heidi, les valeurs ancestrales et les coutumes ont, encore aujourd’hui, un fort ancrage au sein de la population. Outre le fromage, le vin et les banques, les coutumes liées à l’habillement sont omniprésentes. L’habit du dimanche pour aller à la messe, les costumes folkloriques à la Fête Dieu, les salopettes et le chapeau en paille au combat de reines, à chaque événement sa tenue. Concernant la vie de tous les jours, le jeans pour les hommes et les jupes pour les femmes (NDLR: excepté les vêtements spécifiques de travail) sont des quasi-impératifs. C’est dans ce contexte traditionnel que ces groupes de jeunes, un brin contestataire, ont décidé de ne pas se vêtir de jeans. D’apparence sportive, la vue de ces zonards errer en survêtement ne choquait pas au début. Mais à force de les voir trainer régulièrement aux mêmes lieux en jogging tout en écoutant de la musique; les autorités ont décidé de monter au front.

Jurisprudence bâloise

Le cas de la famille kosovare déboutée de leur demande de nationalité suisse ces derniers jours a fait échos et il pourrait bien faire jurisprudence. En effet, le canton a fixé un ultimatum aux groupes de jeunes qui ont pu être identifié après plusieurs mois d’enquêtes intensives des services secrets. En tout, pas moins de 27 jeunes de nationalités helvétiques ont reçu une lettre leur ordonnant de ne plus se présenter sur la voie publique vêtu d’une tunique pouvant s’apparenter à un training. Par ailleurs, 14 étrangers faisant également parti de la tribu des quartiers Est de la ville ont reçu le même courrier. Ils risquent respectivement la déchéance de nationalité et l’expulsion pure et simple du territoire helvétique. Certains d’entre eux seraient même contraint de retourner vivre dans leur val d’Hérens natal, et n’aurait plus le droit de fouler le sol de la Confédération Helvétique. Affaire à suivre.

Zinédine Gay