Archives de l’auteur : Caliméro Fournier

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[Insolite] Le 3ème Saviésan de l’histoire à terminer l’Université ne souhaite pas devenir Conseiller national

La voie étant pourtant toute tracée. Mais après un brillant Master en Égyptologie, Baptiste, 25 ans, n’a pas souhaité emboîter le pas de Jean-Luc Addor et Mathias Reynard. Il l’a confié, il ne glanera pas un siège au Parlement fédéral. Et ce, au grand dam des autorités communales. « Il est franchement casse couille », tonne le président Sylvain Dumoulin. « Les Saviésans à nous qui partent faire les études en bas en Vaudoisie ou ailleurs doivent penser un peu aux autres », poursuit-il en tapant du poing sur la table.

« On ne demande pas la lune, mais juste d’aller faire l’apéro à Berne 12 semaines par année. Jojo de la carrosserie bosse 364 jour par an, faut arrêter ce cirque ».

Pas intéressé

Contacté, le jeune prodige regrette amèrement la tournure des événements. « Je ne voulais fâcher personne, mais je ne m’intéresse pas à la politique. Moi, ce que j’aime, c’est l’Égypte et ses secrets ».

Qu’il se rassure, la commune semble finalement abonder dans son sens. « Je vais lui creuser son tombeau dans l’heure » a en effet promis le chef de l’exécutif saviésan.

Caliméro Fournier

poursuite

[Justice] Pour avoir publié une photo intitulée « sans titre » sur son blog, il est poursuivi par Young Boys pour « droits d’auteur »

Boris est, selon les dires de ses amis, le genre d’individu qui porte « une sacrée poisse ». Sa dernière frasque leur donne raison. Une publication sur son blog avec une photo titrée (paradoxalement) « sans titre », lui a attiré les foudres du club bernois. Reportage.

Fébrile, Boris nous fait signe de nous asseoir. Nous sommes dans son Mayen de Derborence, un foyer qu’il n’a plus quitté depuis ses derniers démêlés avec la justice. « Un avocat suisse allemand m’a appelé, je n’ai pas compris un traître mot de ce qu’il m’a dit », sanglote celui qui, quelques jours plus tard, recevait un courrier recommandé avec un avis de poursuite. « Ils me demandent tous les trophées que j’ai engrangés dans ma carrière (ndlr : l’homme a connu une carrière prolifique des juniors C jusqu’aux juniors A avec Conthey). Et ça, c’est au-dessus de mes forces ».

Plus de quatorzièmes étages

L’histoire de Boris fait écho à celle de Christian Constantin qui, après la première défaite de son club en finale de coupe, avait interpellé le Gouvernement valaisan. « À l’image des Américains qui n’ont pas de 13e étage, il voulait supprimer les quatorzièmes paliers de tout le canton », se remémore le chef de file du Conseil d’Etat, Jacques Melly. « C’est comme interdire les mots doux à cause de la glissade de l’autre », conclut-il dans un rire glacial.

Caliméro Fournier

etudiants

[Formation] 86 % des étudiants ne sont pas conscients que d’ajouter « juste » devant « rendre mon mémoire » ne diminue pas la masse de travail

Tôt ce mercredi matin, l’Office fédéral de la statistique (OFS) a fait une annonce qui a profondément ébranlé le monde éducatif. Dans les Hautes Écoles comme dans le milieu académique, une écrasante majorité des étudiants estime que d’ajouter un « juste » avant « rendre mon travail » diminuerait sensiblement l’ampleur de la tâche. « Pour résumer, ces branlafates sont déjà incapables de changer une ampoule, mais ils prouvent aussi qu’ils ne sont pas en mesure de réfléchir », s’emporte Christophe Darbellay, conseiller d’État notamment en charge de la formation.

« On ne pouvait pas savoir »

De leur côté, un comité d’étudiants valaisans s’est défendu par voie de communiqué en faisant savoir au conseiller d’État qu’ils « ne pouvaient pas savoir », et qu’ils « déploraient l’attitude condescendante de M. Darbellay ». Un appel à la destitution de l’élu a par ailleurs été lancé.

Mémoires reportés

Pour la plupart des étudiants du Vieux-Pays, il ne sera pas possible de rendre le travail final dans les temps. Reste que dans les faits, ils sont (très) peu à se plaindre. « Oh vous savez, 2017 n’est qu’une année parmi tant d’autres. La plupart d’entre nous se sont donnés jusqu’à 2020 pour rendre le premier jet », relève un futur aspirant au diplôme.

Caliméro Fournier

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[Coupe de Suisse] Après avoir tiré à la courte-paille, ce seront finalement les contrôleurs Steven et Dylan qui seront de service pour les trains spéciaux du 25 mai

À l’image des mendiants dans les trams genevois, « ce n’est pas de gaieté de cœur » qu’un contrôleur se retrouve dans l’un des trains spéciaux des supporters sédunois lors de la finale de coupe. Ce serait, selon plusieurs sources au sein des CFF, « un putain de calvaire ».

Alors quand approche la cérémonie de désignation du contrôleur en service pour ce genre d’événement, la tension est palpable. « Certains ont des femmes et des gosses, vous comprenez ? », regrette Michel Favre, porte-parole des CFF. Reste que ce mercredi, la sentence est tombée. Dylan et Steven, tous deux âgés de 27 ans, seront les contrôleurs attitrés pour le pénible trajet.

Un coup du sort

« J’aurais dû le voir venir, sanglote Dylan. C’est toujours les nouveaux qui y passent ». De son côté, Steven ne semble pas particulièrement éprouvé par la nouvelle. « Oh vous savez, moi je suis Genevois et je m’intéresse davantage au hockey, donc je ne pense pas qu’il y aura tellement de problèmes », argue celui qui prévoit de porter une écharpe grenat autour du cou, « pour l’amour du sport ».

« Un trajet calme et courtois »

Contacté par téléphone, le responsable des supporters valaisans parle d’un « trajet calme et courtois, lors duquel chacun est amené à témoigner de son amour pour le club ». Et de poursuivre : « vous savez, l’important, c’est de participer ». Si certaines anciennes frasques des fans sédunois effraient les employés des CFF, qu’ils se rassurent. La justice genevoise a interdit de périmètre l’ensemble des présumés hooligans. « Et même les autres », précisent les autorités du bout du lac.

Caliméro Fournier

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[Savièse] La fête des cousins réunit plus de 7’000 participants

L’initiative est à mettre au crédit de la famille Luyet. C’est elle qui a chapeauté l’événement fédérateur. « À la base, l’idée d’organiser cette fête est partie d’un constat très simple, note Gérard Luyet, le patriarche de la famille. Quelqu’un m’a demandé combien de cousins j’avais et je me suis trouvé dans l’incapacité de répondre », poursuit celui qui, pour y remédier, a proposé cette kermesse familiale.

« Dans le village, il n’y avait plus personne »

Patricia est tenancière d’un restaurant situé au cœur de Saint-Germain. Issue d’une famille chamosarde, elle n’était pas conviée à la manifestation. « Je ne me suis jamais sentie aussi seule dans le village, il n’y avait plus personne. Vous voyez ces images de Tchernobyl que l’on voit à la télévision ? », compare la quarantenaire. Des 8’000 habitants que contingente Savièse, le 92 % était présent au rassemblement. « À se demander qui sont les personnes du pourcentage restant », se questionne Gérard Luyet.

Un dress code à l’entrée

Forts d’un tel succès, les organisateurs n’ont eu d’autres choix que de refuser des cousins venus célébrer la réunion familiale. « Bien-sûr qu’on aurait voulu accepter tout le monde, se défend Justin Reynard, en charge des entrées. C’était malheureusement impossible donc on a uniquement laissé passer celles et ceux qui avaient eu la décence de se présenter en trecó ou en cotën (Ndlr: l’habit traditionnel saviésan) ».

Suite à l’effervescence provoquée par la démarche, Gérard Luyet a d’ores et déjà promis d’organiser une seconde édition « en incluant la famille élargie ». Bien qu’inquiètent, les autorités se sont dites « prêtes à relever le défi ».

Caliméro Fournier

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[FC Sion] Peter Zeidler lance un appel pour trouver un billet pour la finale

L’entraîneur mis au repos par Christian Constantin a une voix fébrile au téléphone. « C’est que je ne pensais pas avoir à trouver un billet, vous comprenez ? » Celui qui s’imaginait sur le banc de touche le 25 mai a été botté en touche. « Je n’ai rejoint aucun groupe Whats’app en prévision de la finale. Je n’ai fait aucun concours, même pas celui du Nouvelliste », sanglote le tacticien allemand qui, au passage, lance un appel auprès de la population valaisanne.

« Vous avez une place dans un bus ? »

Le calvaire de Peter Zeidler ne s’arrête pas là. « Et comment je vais me rendre à Genève ? Vous avez une place dans un bus pour moi ? ». Désorienté, il tente de s’arracher des cheveux de son crâne immaculé. Le ciel ombragé de l’entraîneur pourrait toutefois s’éclaircir. Après avoir été défenestré par Constantin à l’issue de leur entrevue, l’homme s’est cassé les deux jambes et se déplace désormais en fauteuil roulant. « On m’a parlé d’un certain Jérémy qui pouvait me donner une astuce », lance-t-il des étoiles plein les yeux.

Victime de la coupe

« J’avais cru comprendre que la coupe était importante pour le Valais, mais pas à ce point-là », explique-t-il. Alors que tout un peuple attend « son » quatorzième sacre, l’Allemand s’interroge. « Pourquoi tout le reste de la Suisse n’en a rien à cirer de ce trophée alors qu’ici, il est plus important que le travail ou la famille ? »

De son côté, Christian Constantin s’est dit « navré » pour son ancien tacticien, mais a tenu à souligner que « pour espérer avoir un billet, il suffisait d’acheter un abonnement, comme tout le monde ».

Caliméro Fournier

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[Présidentielle française] Frédéric Favre : « Je pronostique Poutou vainqueur des élections parce que personne ne le connaissait avant »

Alors que le premier tour du scrutin présidentiel français se tiendra ce dimanche, le Conseiller d’État – qui rentrera en fonction le 1er mai prochain – s’essaye à l’exercice du pronostic. Pour l’élu néophyte, le match est joué d’avance. C’est le candidat NPA, Philippe Poutou, qui sortira le grand gagnant ce 23 avril.

Assis à son bureau, les lunettes légèrement de travers et un sourire presque gêné, Frédéric Favre nous reçoit dans une ambiance quasi scolaire. Mais à peine lui a-t-on demandé son pronostic sur l’élection française, que l’homme se mystifie. « Poutou, Poutou, Poutou», hurle-t-il en grimpant sur sa chaise en cuir noir. « Il est comme moi. Personne ne le connaît, mais il va faire péter les scores », poursuit celui qui dessine dans les airs une flèche qui monte dans les sondages.

« J’avoue Macron, il est beau gosse »

Remis de ses émotions, le futur élu en charge du Département de la sécurité, des institutions et du sport, avoue trouver « Macron plutôt beau gosse », avant de marteler que le physique – à l’image du nombre –, importe peu. De son côté, Philippe Poutou s’est dit « ému » de l’appui de M. Favre, mais a tout de même souligné que « les caissières des enseignes Migros devraient toucher davantage ». L’épilogue de ce premier tour se jouera ce dimanche. Reste à savoir si Poutou a l’étoffe d’un Frédéric Favre. Autrement dit, s’il est prêt à courtiser les voix d’un électorat qui ne lui appartient pas.

Caliméro Fournier

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[Week-end] Fred, 38 ans, se réjouit d’aller fêter au « Rouge et Blanc » avant de « descendre en bas au Brasilia »

Gêne génération. Employé dans une entreprise de télécommunication, Fred a appris ce lundi qu’il sera l’heureux bénéficiaire d’une promotion dès la fin du mois. Transit de bonheur, ce travailleur acharné a décidé de célébrer la nouvelle par une sortie en ville de Sion ce week-end. Témoignage.

Fred trépigne d’impatience. « Vous ne vous rendez pas compte, mais ça doit faire une quinzaine d’années que j’ai plus mis le nez dehors le soir ». À peine a-t-on fini de lui annoncer que le « Rouge et Blanc », comme le « Brasilia » sont depuis belle lurette portes closes, qu’il s’écroule de rire. « T’imagines ? », martèle le trentenaire en sautillant sur place.

« Samedi, ce sera le mirabilis »

Non content d’à nouveau se sociabiliser le vendredi, Fred anticipe d’ores et déjà son lendemain de la veille. « Si je tiens encore sur mes pattes le samedi, ce sera le mirabilis ». Il évoque volontiers son « petit côté aventurier ». « Aller jusqu’à Conthey pour se défouler au dancing, ça me fait pas peur ». Et si l’ambiance laisse à désirer, le joyeux luron a même songé à une alternative. « On ira à Sierre, parce que là-bas, ça bouge un max ».

Caliméro Fournier

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[Paléo 2017] « Renaud c’est comme Servette… C’était pas mal à l’époque, mais ça vaut plus rien aujourd’hui »

À l’heure où le Paléo Festival dévoilait les têtes d’affiche de sa programmation, le patron du FC Sion était dans les starting-blocks. Féru de chansons françaises, « CC » n’a pas eu que des mots tendres à l’égard de Renaud, l’emblématique chanteur de l’Hexagone. Témoignage.

9h52, Christian Constantin prend place derrière son ordinateur. Son habituel nonchalance s’efface peu à peu pour laisser place à une certaine tension. « J’veux voir si Polnareff et Sardou seront de la partie, tu comprends ? ». Quelques minutes plus tard, c’est la désillusion. Le regard noir, il tape du poing sur la table. « Qu’est qu’on vient nous foutre Renaud. Lui, c’est comme Servette. C’était pas mal à l’époque, mais ça vaut plus rien aujourd’hui ».

« Je vais quand même appeler Daniel »

Frustré mais lucide, Christian Constantin sort finalement d’un silence qui aura duré plusieurs minutes. « J’vais quand même appeler Daniel (Ndlr : Rosselat, fondateur et président du paléo). Juste histoire de lui toucher un mot pour qu’on regarde ensemble si on arrive au moins à faire venir Sardou ».

Réputé pour sa pugnacité, il ne serait pas si surprenant de voir le Valaisan réussir à ajouter une tête d’affiche supplémentaire à cette 42e édition. Ou, comme diraient certains, qu’il ajoute son grain de « C ».

Caliméro Fournier

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[Fraudes électorales] Les 25 cantons suisses proposent de retirer le droit de vote aux Valaisans

Suite aux anomalies du scrutin cantonal dénoncées dans le Haut-Valais, l’UDC a déposé un recours qui pourrait bien remonter jusqu’au Tribunal Fédéral. Une initiative logique de la part du parti agrarien, dépossédé de son siège au Conseil d’Etat dimanche dernier. Sauf que pour le reste de la Suisse, cette affaire doit sonner le glas du devoir civique valaisan. Reportage.

De la Romandie au Tessin en passant par la partie alémanique, les réactions ont été unanimes. Les citoyennes et citoyens du Vieux-Pays doivent perdre leur droit de vote. Une initiative en ce sens a été déposée au Conseil national. « C’est comme à l’école : quand on fait mal son devoir, on a une punition », résume un élu genevois.

Un premier signal avec la Lex Weber

« Vous n’aviez pas encore compris que votre vote ne valait strictement rien avec les résultats de la Lex Weber ? », questionne un ministre zurichois. « Sur les objets fédéraux, c’était déjà clair qu’on ne voulait pas de votre avis. Mais puisque visiblement vous n’êtes pas en mesure de gérer vos propres affaires, on va le faire à votre place », poursuit-t-il.

Concrètement, si l’initiative aboutie, les affaires cantonales seraient gérées par une commission externe. Composée de 25 membres – soit un représentant par canton –, elle officierait en qualité d’assemblée législative et exécutive.

Les élus impuissants

Du côté de la classe politique valaisanne, on est dans ses petits souliers. « C’est un peu injuste, mais on comprend », bredouille Frédéric Favre. « C’est la fin, comme Piero l’avait prédit », lâche Oskar Freysinger. Quant aux élus PDC, ils « regrettent que la sacro-sainte toute puissance du parti ne soit pas assez forte pour enrayer cet élan helvétique ».

Le parti orange voit rouge, mais il faut reconnaître que le reste de la Suisse en fait voir de toutes les couleurs aux Valaisans.

Caliméro Fournier