Archives de l’auteur : Vitaly

Le gel, ce fléau

[Actualité] Les ceps de vigne bientôt autant gelés que les vignerons valaisans à la clôture de Vinea

Le constat est presque aussi amer qu’une piquette surmaturée du Lavaux: le gel qui sévit depuis trois nuits au cœur du Vieux Pays pourrait bien réduire à néant les perspectives de la vendange 2017. « À ce rythme-là, la glace au Fendant, on pourra la mettre en barquette directement sur le domaine ! » ironise Jean-Michel Favre, encaveur du Valais Central. Derrière ce sourire de surface se cache néanmoins la détresse de toute une profession. Son voisin de culture, Maurice Bonvin laisse transparaître tout son désarroi. « Quand on a une mauvaise année, on arrive tout juste à produire du vin de la qualité de celui des Vaudois. Alors sans pouce, on devra abaisser la comparaison avec celui des Genevois. » Une vérité qui sonne comme un désastre pour l’ensemble des encaveurs concernés.

La crédibilité dans les fleurs
Si les comparaisons des encaveurs se multiplient afin de vulgariser au mieux l’impact d’un fléau tel que le gel, Yves Salamin, président de l’association «In Giroud we trusted mais on a eu tort», a sans doute décroché la palme. Le représentant des encaveurs du Valais Central a lâché cette très belle métaphore. « En vérité, la plupart de nos ceps sont bientôt autant gelés que mes collègues et moi à la clôture de Vinea. » Ces quelques mots laissant transparaître une vérité des plus crues. « 90% des pouces sont détruites sur les parcelles touchées. 90%, c’est un peu près le pourcentage de la baisse de crédibilité de Jean-Michel l’année dernière quand il a vomi dans les fleurs de l’Hôtel de Ville à l’issue de la manif’. »

Les réserves entamées
Si la vendange 2017 semble compromise, aucun doute qu’au vu des leurs réponses, les encaveurs valaisans n’ont pas hésité à puiser dans leurs réserves des années précédentes afin de se mettre un peu de baume au cœur.

Vital Monnet

Pascal Dubosson

[FC Sion] Des supporters lancent une pétition pour que la finale de la Coupe se joue en Suisse et pas à Genève.

À peine les dernières vapeurs de l’after demi-finale au carnotzet à Berty effacées, la cohorte des supporters du FC Sion et leurs camardes opportunistes ont posé les premiers jalons de la préparation de la finale. Réservations de bus, commandes de cartons blancs et de caisses de Blonde 25, rien n’a été laissé au hasard de Naters au Bouveret. Pourtant «un détail» marquant a rapidement sauté aux yeux des Valaisans les plus observateurs: cette édition 2017 de la finale de la Coupe se jouera à Genève.

Pour une finale suisse en Suisse 
Des comptoirs de village aux réseaux sociaux, en passant par l’écurie, l’onde de choc a très rapidement émergé. «C’est un scandale !!!, enrage Pierrot Moulin, président d’un des clubs de supporters du Gradin Nord. Organiser une finale suisse en France, c’est de la pure folie !» Dans le Chablais, la réaction est tout aussi forte et l’incompréhension toute aussi vive. «Déjà que se taper des finales en terrain bourbine n’était pas simple, maintenant il faut déménager jusque chez les Frouzes !» s’exclame Yves Vuilloud, du syndicat «Ici c’est Sion.» Devant cette marée d’ahurissements, les différents clubs de supporters ont appelé à l’union sacrée et se sont unis pour lancer une pétition contre cette décision de l’ASF. Le combat «Pour que la finale de la Coupe de Suisse se joue en Suisse» a donc été lancé.

Des frontières aux relevés bancaires
Pour les initiateurs de cette pétition, «choisir Genève pour une finale d’une compétition helvétique est tout simplement une aberration.» Cependant, le comité directeur, présidé par un certain Roland Seppey, présente d’autres arguments pour se faire entendre. «Comment voulez-vous que l’on puisse charger nos bus comme à l’accoutumée et passer sans la frontière sans souci ? Ce sont des Français, mais ils ne sont pas bêtes pour autant, ils sauront reconnaître un vin de qualité et ils nous le confisqueront.» En dehors des problèmes liés à la boisson, un problème de liquidités pourrait s’annoncer pour les Sédunois. «Changer toute la paie du mois de mai en euro, ça fait cheni. Comment expliquer ça à ma femme quand elle épluchera mes relevés ?»

L’ouverture oui, mais avec des limites
Tout cela mis bout à bout, les initiateurs estiment que le lancement de leur pétition est plus que légitime. «On a déjà assez donné du spectacle à tous les amateurs de football, 13 finales durant, il serait temps que l’ASF nous prenne un peu au sérieux,» s’énerve Roland Seppey. Et à ceux qui oseraient lui dire qu’il est fermé d’esprit, le président du comité directeur rétorque: «on a déjà ouvert notre finale cantonale des combats de reines à des Italiens ou pire encore, à des Vaudois. Si ça c’est pas une preuve d’ouverture. Non franchement rien que d’imaginer «La Marseillaise» jouée en début de match, ça me fout la gerbe.»

Vital Monnet

Les JSVR en guerre contre les Jeunes UDCVr.

[Clash] Les jeunes socialistes proposent à Freysinger de reverser sa rente. L’UDC riposte en leur proposant de se couper les cheveux et de trouver un travail.

Et puis soudain l’espoir. Dimanche 19 mars après des mois d’une campagne hargneuse et d’une bassesse encore jamais atteinte, le Valais a enfin choisi le visage de son nouveau Conseil d’Etat. Si l’éviction du bel Oskar a été un soulagement pour la majeure partie des électeurs, la fin de cette période de trouble politique a quant à elle sonné comme un apaisement pour tout un canton. À l’exception peut-être des différents médias valaisans qui vont à nouveau devoir se creuser la tête pour abreuver le Vieux Pays d’informations non-politisées.

Que la guerre continue… 

Pourtant, seulement quelques heures après ce dénouement historique, les Jeunesses Socialistes du Valais Romand (JSVR) ont décidé de lustrer une nouvelle fois le carcan du désormais ex-conseiller d’Etat et néophyte en musique. Via un communiqué, les camarades, encore frustrés de la claque reçue par le souriant Stéphane, ont appelé le Saviésan à reverser tout ou partie de sa rente d’ancien conseiller d’Etat aux Valaisans dans le besoin. Cette demande fait suite au scandale de l’affiche «Maria» qui a vu l’UDC reprocher au canton d’aider davantage les migrants fuyant la guerre que ses propres citoyens fuyant le vin vaudois et la raclonnette. «Pas un de nos membres ne toucherait un centime des 80’000.- francs offerts par M.Freysinger puisque nous sommes tous des fils de bobos hors du besoin, souligne Marcel Héritier, membres des JSVR. Cependant, il serait juste que le tyran autrichien aille au bout de ses idées.»

OSS 117, toujours au top

Face à cette attaque, les Jeunes UDC du Valais Romand n’ont pas tardé à riposter. Grâce à une culture cinématographique des plus pointues, le comité central a proposé «aux JSVR de se couper les cheveux et de trouver un travail.» Comme leurs homologues socialistes, les représentants du parti ont donc décidé de frapper directement là où ils avaient le plus de chance de faire un strike. «C’est une référence à un film très rigolo que nous avons regardé en stage de scoutisme, explique Romain Crittin, membre du comité des Jeunes UDCVr. Ce film met en scène un agent secret qui fait des blagues racistes et misogynes. Un chef d’œuvre.»

C’est donc à coups de communiqués de presse tout aussi pertinents et bien sentis que la campagne au Conseil d’Etat continuera de souiller l’image de tout un canton.

Vital Monnet

157 millions dans la nature ?

[Finances] L’Etat du Valais aurait perdu le fond des 157 millions à investir dans les remontées mécaniques

De fonds perdus à fond perdu, il n’y a que deux lettres. Mais il y a également une ouverture de Carnaval bien trop arrosée à en croire certaines rumeurs. Des rumeurs qui proviennent du coteau saviésan et qui font courir le bruit que l’Etat du Valais aurait perdu le fond de 157 millions qu’il avait l’intention d’investir, à fonds perdus justement, dans les remontées mécaniques du canton.
«Je crois que le terme «égaré» serait plus adapté, souligne timidement Maurice Tornay, grand argentier du canton. Il ne faut pas être trop alarmiste, mais il est vrai que la situation est plus ou moins préoccupante.» Le conseiller d’Etat en charge des finances n’en dira cependant pas plus…

« Aux aurores ça fera plus sérieux… »
Des sources internes au département, qui ont bien évidemment préféré conserver leur anonymat, incriminaient la fièvre du Carnaval pour justifier la perte des 157 millions. «En fait c’est l’apéro de préparation aux festivités qui nous a eu, explique un des fonctionnaires présents peu avant le drame. Quand on a regardé l’heure, on s’est aperçu qu’il était trop tard pour amener les fonds à la BCV.» Emprunté devant cette situation, Maurice Tornay aurait alors décidé de confier sa mallette remplie de à ras-bord à l’un de ses bras droits. «Le patron s’est tout simplement dit qu’on irait la déposer aux aurores, ça ferait plus sérieux. Il a confié le précieux colis à Dubuis et il est rentré décuiter.»

Les mallettes, c’est comme les vestes
Ce certain Dubuis, dont le nom de famille trahit ses origines, aurait cédé aux sirènes du Carnaval et ce serait rendu directement à Saint-Germain. Un de ses amis proches témoigne : «comme il avait pas eu le temps de passer à Granois pour le costume, il s’est dit que son costard et sa mallette feraient l’affaire, un peu comme dans les Men in Black.» Un choix salué par sa horde d’amis qui avaient fait un petit détour par le Péno, 5 heures auparavant. «Tout avait très bien commencé, poursuit son ami. Il a enchaîné les thés froids les deux premières heures. Et puis gentiment, les serveurs ont ajouté une once d’abricotine.» Tant et si bien, qu’au fil des verres, le thé froid résistait de moins en moins aux assauts de l’envahissante liqueur. «Ma copine, qui nous ramenait ce soir-là, m’a dit qu’il avait bien tenu. Mais bon, une mallette c’est comme une veste, dans ce genre de soirée, difficile de rentrer avec la sienne !»

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [4/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conches : Oskar Freysinger (Ensemble à droite)
Conches district frontière avec les cantons d’Uri et du Tessin. À proximité de la Suisse profonde et de la Lega donc, un lieu de résidence idéal pour l’homme au carcan. Malgré sa vaste étendue territoriale, la région n’abrite que quelques milliers d’habitants. Des habitants coupés du reste du canton et du monde, durant une majeure partie de l’hiver. L’emplacement rêvé pour éloigner Oskar et ses idées du reste du Vieux Pays. Avec un peu de chance, les loups qui ont élu domicile dans la Vallée le recueilleront et l’élèveront comme l’un des leurs.

District de Sierre : Jacques Melly (PDC)
C’est sur ses terres que Jacques Melly viendra terminer sa carrière politique. Une sorte de dernier baroud d’honneur à la saveur de consécration pour celui qui est né et a grandi dans le district. En lui offrant la présidence de sa région d’origine, le Parlement valaisan permet à ce bon vieux Jacques de boucler la boucle. Lui qui a été tout d’abord conseiller général puis communal dans la Cité du Soleil, avant de représenter son district au Grand Conseil et au Conseil d’Etat devrait installer son nouveau fief au départ de la route d’Anniviers. Cette configuration lui permettra peut-être de voir un jour le raccordement des autoroutes du Bas et du Haut. L’espoir fait vivre…

District d’Entremont : Jean-Marie Bornet (Rassemblement citoyen valaisan)
Sorti du bois à la Foire du Valais, l’ancien chef de la communication de la police cantonale ira, comme un symbole, gouverner un district limitrophe de celui de Martigny. L’arrondissement le plus imposant du Valais francophone dispose d’un espace suffisant pour permettre à l’ego du candidat de s’y établir. En faisant ce choix, le Grand Conseil fait coup double et permettra au Rassemblement citoyen valaisan de faire ses preuves dans un district passablement chahuté politiquement où «rassembler» sera un défi d’envergure.

District de Sion : Jean-Michel Bonvin (AdG)
Avant-dernier candidat à être entré dans la course au Conseil d’Etat, Jean-Michel Bonvin aura le privilège de gouverner sur ses terres. En lui offrant la présidence du district de Sion, le Grand Conseil permet au candidat de la liste de l’Alliance de Gauche de réaliser son rêve: barrer la route d’Oskar Freysinger. Si au sens figuré, cela lui aurait été impossible, au sens propre la proximité géographique entre Savièse et Arbaz laisse un minimum d’espoir à Jean-Michel.
En contrepartie, le Parlement valaisan exigera du président de district, qu’ils laissent les autorités de la capitale mener la politique qu’elles souhaiteront. Ce qui ne devrait pas poser problème pour un membre du Centre Gauche PCS, un parti qui a l’habitude de laisser les autres prendre les décisions à sa place.

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [3/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Monthey : Claude Pottier (PLR)
Il faut rendre à César ce qui est à César et à Monthey ce qui est à Monthey. Tout aussi inconnu et alibi que son compère de liste, Claude Pottier présidera le district qui l’a vu naître. Le Parlement ne voyant aucune raison de ne pas laisser les Bas-Valaisans supporter le joug de celui qu’ils ont engendré. La toute fraîche nouvelle de sa possible alliance avec Ensemble à droite, si il y avait dû y avoir un 2e tour, affermit le sentiment qu’envoyer le libéral-radical à la Gauche géographique de la carte du canton lui fera le plus grand bien.

District de Rarogne occidental et oriental : Nicolas Voide (Ensemble à droite)
Qui d’autres que Nicolas Voide pour siéger à la tête d’un district séparé en deux entités mais unit par un tronc commun ? À nouveau, le Grand Conseil a jugé judicieux de permettre à l’ancien grand baillif de mettre à profit son expérience personnelle au service de la population des deux demi-districts. Rarogne occidental et Rarogne oriental, c’est un peu comme l’aile conservatrice et l’aile progressiste du PDC, entre les deux il faudra trouver la balance. Un défi réel pour Nicolas, s’il ne veut pas voir son district se faire exclure du canton au terme de la législature.

District de Viège : Esther Waeber-Kalbermatten (AdG)
La logique aurait voulu que la très souriante et expressive Esther Waeber-Kalbermatten puisse profiter de ses vieux jours en prenant la présidence de Brigue, son district d’origine. Seul bémol, et pas des moindres, la ville abrite en son sein le Spitalzentrum Oberwallis, comprenez l’équivalent haut-valaisan de l’hôpital de Sion. Afin de ménager à la fois les nerfs de la socialiste et les finances du district, le Grand Conseil a pris la décision de la muter vers l’arrondissement limitrophe de Viège. Entourée des siens, Esther pourra tranquillement attendre ses 68 ans pour enfin prendre une retraite bien méritée.

Vital Monnet

 

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [2/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conthey : Frédéric Favre (PLR)
Dans sa folle course à sa gloire passée, le parti libéral-radical a malheureusement égaré le dernier embryon de crédibilité qu’il lui restait. En proposant deux candidats alibi, les Bleus étaient certains de ne pas faire leur retour au sein du gouvernement. Par chance, Frédéric Favre pourrait tout de même siéger à la présidence du district de Conthey. Sa région d’origine et donc la seule où quelqu’un serait susceptible de la reconnaître en le croisant dans la rue.

District de Loèche : Roberto Schmidt (PDC)
Sans faire un bruit, le brave Roberto Schmidt aurait empoché son siège dans un Conseil à cinq grâce à l’appui de ses concitoyens du Haut. Pas dupe, le Parlement a décidé de lui offrir la présidence d’un district à hauteur de sa personnalité, celui de Loèche. District tampon, partagé entre le Valais francophone et son voisin germanophone, à cheval sur la Raspille, difficile de revendiquer une véritable identité. Ce district lui permettra donc de pencher une fois à Gauche, une fois à droite, sans jamais se mouiller. Et puis ne nous mentons pas, grâce à ce choix, Roberto ne devrait même plus quitter sa terrasse pour se rendre dans la Berne fédérale durant les sessions du Conseil National. Le président du district et de la commune de Loèche n’aura plus qu’à se laisser bronzer tranquillement à l’abri de ses multiples casquettes.

District d’Hérens : Stéphane Rossini (AdG)
Certes le Nendard aurait préféré le district de Conthey où il a ses quartiers, voire même celui de Sion où il aurait pu faire baigner sur la capitale son légendaire sourire et sa sympathie. Cependant, comme souvent, la Gauche a dû se contenter d’un rôle de spectatrice lors de la répartition interdistrict. Comme souvent, la Gauche n’a pas pu faire entendre sa voix et Rossini devra se contenter du siège bancal, d’un arrondissement tout aussi bancal, scindé en deux par Sion et Sierre. Un petit rappel à la scission interne qui l’opposait à Esther et qui aurait dû anéantir les chances de siéger de son parti.

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [1/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Brigue : Sigrid Fischer-Willa (Ensemble à droite)
Qui est Sigrid Fischer-Willa ? Que faisait-elle avant de se lancer dans la course au Conseil d’Etat ? Existe-t-elle réellement ? Autant de questions éveillées par la candidature de la Haut-Valaisanne. Si la plupart demeurent aujourd’hui sans réponse, le Parlement semble avoir trouvé le moyen de renvoyer la candidate d’Ensemble à droite dans l’anonymat d’où elle vient. Ce sera donc à Brigue, loin des oreilles francophones et à proximité des gens qui parviendront à déchiffrer son langage que Sigrid débutera son règne.

District de Martigny : Christophe Darbellay (PDC)

C’est à domicile que le double-mètre du PDC présidera. Certains imaginent ainsi que ce choix est à l’image de ce qu’aurait été une élection à la régulière : Christophe Darbellay triomphant sur ses terres devant son compère (ou ex-compère, suivant votre définition de la trahison) Nicolas Voide. Que nenni ! Si l’ancien conseiller national s’est vu octroyer le fauteuil présidentiel du district martignerain, c’est avant tout pour éviter une nouvelle affaire d’enfant illégitime. Dans une région où tout le monde le connait et le reconnait, plus difficile d’emballer la première venue au coin du bar.

District de Saint-Maurice : Thierry Largey (Les Verts)
Pour plusieurs raisons, Thierry Largey aurait pu prétendre à la présidence du district de Monthey. Un goudronnage d’entrée de Ville aux couleurs de son parti et un joli petit drapeau sur lequel flotte un arbre tout aussi mignon. Mais le Parlement a décidé d’épargner la gouvernance de Claude Pottier à d’autres que les siens. La tête d’affiche du parti écologiste s’est donc vu remettre le district voisin de Saint-Maurice. Un district qui le rapproche toujours plus du canton de Vaud, seul endroit où Le Vert aurait eu une chance de se faire élire au gouvernement. En espérant que Thierry Largey ne s’inspire pas du « régime » Brélaz durant ses quatre ans de sa législature.

Vital Monnet

Les drapeaux valaisans envahiront peut-être les stades de la Coupe du Monde 2026.

[Football] Le Valais veut demander son indépendance afin de pouvoir participer à la Coupe du Monde 2026

Annoncé avec fracas par les instances dirigeantes de la FIFA en début de semaine, le passage de 32 à 48 équipes pour la phase finale de la Coupe du Monde 2026 a enflammé la planète football. Des fédérations continentales ou nationales, aux poivrots du bistrot du village, chacun a eu son mot à dire sur la promesse de campagne du brave Gianni qui prendra vie dans un peu moins d’une décennie.

Echos positifs jusqu’au Vatican
Cependant, si certains estiment que cette décision entraînera un nivellement par le bas des performances sportives, les petites fédérations du monde du ballon rond se frottent déjà les gants. Du Vatican aux Îles Vierges en passant par la Somalie ou les Bahamas, les têtes pensantes des fédérations ont accueilli la nouvelle avec beaucoup d’entrain. «C’est une réelle chance pour nos cardinaux de prouver ce qu’ils ont sous leurs sandales et d’offrir une belle vitrine à notre religion,» s’est exclamé le pape François dans les heures qui ont suivi l’annonce. Une annonce qui a fait également germer quelques idées sur les terres du drapeau aux 13 étoiles.

Les bilatérales annulées ?
Officiellement, aucun élu en place ou candidat en campagne n’ose cependant confirmer la rumeur qui remonte la vallée du Rhône depuis mardi. Une rumeur qui enfle heures après heures de Naters à Saint-Maurice : le Grand Conseil plancherait sur une demande d’indépendance du Valais qui serait transmise à la Confédération d’ici la fin de l’année. Chef du département de la formation et de la sécurité, mais également des sports, Oskar Freysinger commente la rumeur à demi-mot. «C’est un sujet qui mérite d’être abordé, confie l’homme au catogan. L’indépendance du Valais offrirait une aura supplémentaire au canton, surtout si nous figurons parmi les qualifiés pour le Moundial et nous permettrait accessoirement d’annuler les bilatérales.»

Edi, Fofo, Karlen et Morgado comme leaders
Toutefois, derrière chaque rumeur sportive d’envergure cantonale, se cache un personnage bien connu même au-delà des frontières du Vieux Pays. L’empereur d’Octodure, Christian Constantin. «Avec l’effort qu’on a fait sur la formation depuis une petite décennie, je pense qu’un Team Valais serait presque en mesure de concurrencer la Nati.» Le président du FC Sion prend notamment pour exemple les dernières perles sorties du centre de Riddes. «Dans une dizaine d’année Edi, Fofo, Karlen ou encore Morgado, seront des cadres dans de grands clubs européens. Ils entoureront une ribambelle de jeunes talents que l’Olympique des Alpes se fera un plaisir de pondre année après année.»

Vers un plébiscite de la population ?
Les hautes instances politiques et sportives du canton semblent donc conquises par l’idée d’une indépendance valaisanne. Reste cependant à convaincre la population, qui devra se prononcer lors d’un référendum, sur le bienfondé de cette initiative. «Vous savez, s’il y a bien une chose que les Valaisannes et Valaisans aiment mieux que les Imprèz’, la raclette, la Foire et le fendant, c’est bien leur identité valaisanne, souligne CC. Il n’y a donc pas de souci à se faire. La votation populaire ressemblerait à un plébiscite digne des plus grandes dictatures !»

La forteresse d’Ulrichen
Dernière question abordée, et pas des moindres, celle de l’infrastructure qui accueillerait le Team Valais pour ses matches à domicile. Si le flou demeure encore, Sepp Blatter, qui a laissé le crâne reluisant de Gianni Infantino sous les feux des projecteurs depuis quelques mois, a son avis sur la question. «Je pense que le stade d’Ulrichen, où j’organise chaque année mon tournoi, pourrait faire office de forteresse pour les Valaisans, durant les éliminatoires de la Coupe du Monde. Cela pourrait de plus être un vecteur d’unité cantonale !» Une place forte, comme celle de La Paz, où oxygéné par des semaines de préparation en altitude et habitué à la vétusté des lieux, le Team Valais pourrait faire vaciller même les plus grands d’Europe. Et ainsi tracer son chemin vers la Coupe du Monde 2026.

Vital Monnet

DR

[Justice] L’utilisation de l’expression Noyeux Joël désormais punie par la loi

C’est ce que l’on appellera la fois de trop. La fois qui change tout. La fois où plus rien ne sera plus jamais comme avant. Pourtant, tout semblait avoir débuté comme une veillée de Noël des plus ordinaires chez la famille Morand. L’odeur du vin chaud se mêlait à celle de la raclette, les verres de blanc s’entrechoquaient, les premières chansons de la nativité étaient fredonnées du bout des lèvres.

Des années de souffrances en silence

En ce samedi du 24 décembre, assis autour de la table les cousins, cousines, tontons, tatas ne savent pas encore que deux des membres de la famille vont sans doute changer la face du monde. «Comme dans chaque rassemblement de ce type l’oncle Lucien est arrivé en retard et aviné, explique une cousine éloignée qui préfère conserver l’anonymat. Et comme à chaque Noël, il a dégainé sa blague du Noyeux Joël à tour de bras.» Entre rires polis et tentatives de ne pas prêter attention à l’énergumène, chacun a fait comme il pouvait.

Cependant, tonton Lulu n’avait pas remarqué au coin de la salle qu’un invité surprise, en la personne de maître Sylvain Udry, s’était glissé aux côtés du cousin Nicolas. «Cela fait déjà plusieurs années qu’il avait élaboré ce plan, confie la sœur du petit Nicolas. Mais on pensait que c’était le vin chaud qui lui montait à la tête.» Mais ce soir-là, ce fut plutôt une furieuse envie de mettre fin à des années de souffrances et de gêne qui était montée à la tête du cadet des Morand.

Condamné pour tort moral

L’oncle Lucien claquait les bises et serrait les mains en lançant ses tristement célèbres Noyeux Joël et en se rapprochant de Nicolas et de son invité. Un témoin oculaire et auditif d’une scène que beaucoup trop de Valaisans doivent encore supporter chaque année. Un témoin qui, de par son statut de magistrat, allait embellir, sans le savoir encore, le Noël de milliers de familles à travers le Vieux Pays. En effet, après des années d’attente, Nicolas Morand s’est lancé et a dénoncé tonton Lucien au tribunal cantonal. Devant le caractère extrêmement important de la situation, le procureur général a décidé de siéger en matinée, un 25 décembre, pour rendre son verdict. Un verdict aussi sec qu’une rasade de williamine avant la messe de minuit : l’oncle Lucien a été condamné à trois ans de travaux d’intérêt général afin de réparer le tort moral infligé à tous ses proches durant tant d’années.

Désormais rendu public, le jugement devrait faire état de jurisprudence et permettre à toutes les personnes vivant des situations similaires dans leur famille d’obtenir réparation auprès de la justice. Une bouffée d’air bienvenue alors que les premiers «à l’année prochaine» retentissent déjà dans la bouche d’innombrables poivrots !

Vital Monnet