Archives de l’auteur : Vitaly

La fumée ne devrait pas tarder à s'échapper du Cervin.

[Sion2026] Les opposants veulent se rendre au sommet du Cervin pour brûler les livres de Christian Constantin

170’000. En Valais, le chiffre donne le tournis et fait jaser jusqu’au fin fond du Val d’Anniviers. C’est pourtant le nombre gigantesque de livres signés Christian Constantin qui vont se retrouver dans toutes les boîtes aux lettres valaisannes – même à Isérables moyennant un délai de quelques semaines. Des livres titrés «Je voulais vous dire» une citation qui n’est pas tirée directement du phrasé du président du FC Sion. «J’avais proposé «Disons que bon, j’voulais juste te dire» mais cela n’a pas passé la censure des correcteurs», souligne l’entrepreneur martignerain.

Les éditeurs, ces gens de gauche

Une autre barrière est ensuite venue se dresser sur le chemin de ce livre cherchant à faire la promotion du «OUI» à Sion 2026. Aucune maison d’édition ne souhaitait faire paraître le recueil long de 61 pages. «Ce sont souvent des gens de gauche qui tiennent ce genre de maison peu rentables, tu sais. Des gens qui sont donc par essence opposés aux Jeux Olympiques.» Pas de quoi cependant freiner les ardeurs de CC qui a fondé les «Editions de Tourbillon» pour l’occasion. «Ce nom rappellera aux lecteurs que j’ai réussi tout ce que j’ai entrepris jusqu’à présent», lâche le boss du FC Sion.

Le Cervin symbole malgré lui

Un avis pas forcément partagé par les opposants au projet de Sion2026. Ceux-ci voient en ce livre une énième bévue de leurs adversaires olympiques. «C’est un pur scandale, commente Jean-Pascal Fournier, président des Verts valaisans. Je suis en plus certain que ces livres ont été fabriqués à partir d’actes de bûcheronnage illicites pour élargir la piste de l’Ours ou la Nationale.» En réponse à ce qu’ils jugent déjà comme «un crime écologique et politique» les partisans du «NON» à Sion 2026 veulent frapper très fort. «Nous avons prévu de réunir autant d’exemplaires que possibles afin de les brûler.» Et en guise de clin d’œil aux défenseurs du «OUI», les livres seront brûlés au sommet du Cervin. «Il ne faut pas croire que Monsieur Constantin est le seul à pouvoir se payer une opération marketing d’ampleur dans ce canton et nous allons le lui prouver», commente le président des Verts.

Un signal écologique fort

Questionné à ce sujet, Christian Constantin peine – pour une fois – à répondre. «Je t’avouerai que j’ai vraiment de la peine à les comprendre. Je fais un livre de 61 pages en précisant que celui-ci peut être lu lors d’un aller-retour en train entre Sion et Martigny. Si ça ce n’est pas une démarche écologique pour prouver ma bonne volonté !»

Vital Monnet

@Tristan

[Réouverture de CMA] Christophe Darbellay pressenti comme médiateur pour la rencontre Trump – Kim Jong-Un

Les heures de sommeil de Christophe Darbellay sur les trois derniers jours se comptent sur les doigts d’une main. Après avoir passé de longues heures au chevet des remontées mécaniques de Crans-Montana Aminona et des communes du Haut-Plateau, le conseiller d’Etat valaisan a été coupé dans son sommeil par un téléphone venu d’Asie. «J’ai été le premier surpris, souligne le principal intéressé. Au début j’ai cru à un canular de Fred à propos de Sion 2026.» Pourtant, au bout du fil, le ministre de l’économie ne reconnait pas l’accent si particulier de son collègue du Conseil d’Etat. «Il avait une bonne diction et parlait parfaitement anglais, je me suis assez rapidement rendu compte que ça ne pouvait pas être Favre.»

Trois hommes pour une rencontre au sommet

Ce réveil inattendu n’était donc pas dû au conseiller d’Etat PLR, mais a un autre membre haut placé sur l’échiquier politique international: Chung Eui-Yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité. D’abord certain d’être dans un rêve – ou un cauchemar, c’est selon -, Christophe Darbellay retrouve rapidement ses esprits. «Monsieur le ministre, nous avons entendu parler de vos prouesses en qualité de médiateur dans l’affaire entre CMA et les communes du Haut-Plateau. Tout notre pays a été scotché de voir que vous êtes parvenus à un accord», a expliqué le conseiller à la Sécurité. Acceptant les félicitations, avec sa modestie habituelle, le Valaisan s’interroge. «Si c’était uniquement pour des félicitations, il aurait pu attendre 8 heures du matin. Je me suis dit qu’il voulait sans doute quelque chose de plus.» Et une fois de plus sa clairvoyance ne le trompait pas. «Monsieur Darbellay, nous avons une faveur à vous demander: seriez-vous prêt à jouer les médiateurs lors de la rencontre prévue entre Kim Jong-Un et le président américain Donald Trump ?»

Un nouveau conflit majeur à résoudre

«J’avoue que sur le coup je suis tombé sur le cul, lâche le conseiller d’État du Vieux Pays. Aller en Corée, en pleine campagne pour Sion 2026, c’est risqué.» Mais Chung Eui-Yong a su se montrer persuasif. «Il m’a dit qu’ensuite je pourrais visiter les installations de PyeongChang qui ne se situent pas loin de la zone démilitarisée où aura lieu la rencontre. Peut-être que je pourrais négocier avec les Sud-Coréens pour ramener un tremplin de saut à ski et un anneau pour le patinage de vitesse.» Après avoir résolu le conflit entre CMA et les communes du Haut-Plateau, Christophe Darbellay s’attaquera donc à un autre conflit majeur de ce siècle. Une nouvelle médiation qui pourrait gommer les errances des gestionnaires du Haut-Plateau et redorer au bon moment l’image de la candidature Sion 2026.

Vital Monnet

Tristan

[Retour aux affaires] Yannick Buttet veut profiter de la période de Carnaval pour se tester

La nouvelle est tombée mardi matin: Yannick Buttet va reprendre ses fonctions de président de la commune de Collombey-Muraz à l’aube du mois de février. Si le timing de ce retour peut être questionné, il se murmure dans le Chablais que ce choix a été mûrement réfléchi. «Après quelques semaines de traitement, Yannick Buttet a franchi un cap, souligne un proche de l’administration communale. S’il veut continuer d’avancer, il doit maintenant se tester.»

Et pour corser encore légèrement son retour aux affaires, l’ancien Conseiller National a opté pour la période de Carnaval. «Autant ne pas faire les choses à moitié, poursuit son collègue de travail, qui a préféré rester anonyme. Carnaval est une période de fête, de joie, d’ivresse et donc aussi de tentations. Si Yannick parvient à rester maitre de lui, il aura tout gagné.»

Si l’argumentaire a de quoi laisser certains observateurs perplexes, il existe également une justification biblique à cette décision. «Si notre président faillit et cède à la tentation d’ici Mardi Gras, nous l’enverrons à La Brévine durant 40 jours afin qu’il soit purgé de ses péchés.» Il vivrait donc son Carême dans le canton de Neuchâtel, éloigné de toutes tentations. Avant un éventuel retour à la présidence le jour de Pâques ? «L’histoire serait belle, mais il ne faut pas déconner non plus. Ce sera sa dernière cartouche», conclut l’employé municipal.

Vital Monnet

Illustration: Tristan

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[Croyance] Après la taxe au sac et les intempéries, huit autres menaces planent sur le Valais


Après les dix plaies d’Egypte, venues frapper les terres des pharaons sur ordre divin, une autre grande civilisation de l’Humanité s’apprête à vivre des heures sombres. Les signaux envoyés des Cieux, tels que l’introduction de la taxe au sac et les intempéries seront bientôt suivis d’autres châtiments qui viendront renverser le règne valaisan sur cette vaste terre. Alors tremblez, mais pas à cause d’un retard à l’heure de l’apéro…

1) L’introduction de la taxe au sac

Les vapeurs alcoolisées du Nouvel An flottaient encore dans les airs quand le Valais s’est réveillé dans un mauvais remake de Gomorra. À la différence près que ça n’était pas la mafia qui paralysait le ramassage des ordures mais plutôt l’introduction de la taxe au sac. En plus des conséquences désastreuses sur le paysage, cette nouveauté a également grandement péjoré la vie des habitants d’Isérables. «Les nouveaux sacs blancs glissent beaucoup moins bien que les noirs, témoigne Pierrot Monnet, qui travaille chez Hornbach. Du coup, je mets cinq minutes de plus tous les matins pour arriver à Riddes.»

2) Les intempéries

Un déluge d’eau et de neige, des éboulements en veux-tu en voilà et un vent à faire trembler un Martignerain ; voici le menu météorologique de ce début d’année. Si les habitants de Conches, Evolène ou Zinal ont l’habitude d’être coupés du monde, par choix ou par défaut, le restant du canton a souffert de cette situation. Et vu que les mauvaises nouvelles ne viennent jamais seules, les Evolénards pourraient bien retrouver l’accès au reste du canton sous peu.

3) L’interdiction des combats de reines

La SwissExpo l’a démontré après les heurts entre éleveurs et antispécistes, le combat ne fait que débuter. Après des années de bataille acharnée, les premières cités finissent par perdre la guerre face aux seconds. Le Parlement valaisan édite une nouvelle loi qui interdit les combats de reines sur tout le territoire. Résultat des courses: Pouky, Rubis et les autres finissent leur vie en retraite dans le Jura, avant d’être empaillées en souvenir du bon vieux temps.

4) La suppression de l’AOP Raclette du Valais

Le Valais s’était battu pour que SA raclette soit reconnue et que son AOP ne puise être usurpée. Mais les Vaudois et autres Français sont repartis au combat et cette fois-ci ont eu gain de cause. Une vulgaire raclonnette au fromage de chèvre peut désormais s’appeler AOP Raclette, sans qu’aucun Valaisan ne puisse ramener sa science.

5) L’intronisation du haut-valaisan comme langue officielle

Suite aux succès de l’initiative d’Albinen, les autres communes dépeuplées du Haut-Valais décident également de subventionner leurs nouveaux habitants. L’effet est immédiat: en à peine 5 ans, la Vallée de Conches devient le centre économique et sociale du Vieux Pays. La migration est telle que le 80% des Valaisans parlent désormais le bourbine quotidiennement. L’Etat du Valais, face aux pressions des Jaunes, n’a d’autres choix que d’instaurer le haut-valaisan en tant que langue officielle du canton. Salü zäme.

6) L’interdiction de l’alcool à la Foire du Valais

Jaloux du succès inégalable du Comptoir, les autres Foires cantonales choisissent de faire appel à la Berne fédérale pour sortir de l’impasse. La vente d’alcool est donc interdite dans toutes les Foires du pays. Dans les autres cantons la nouvelle est acclamée, mais en Valais, les ventes chutent drastiquement. Seuls deux lave-linges, un fourneau à pellets et un jacuzzi sont vendus cette année-là.

7) La faillite de Christian Constantin

À force d’injecter des milles et de cents dans tout ce qui bouge et ne bouge pas dans le canton, C.C a fini par voir trop grand. En choisissant de racheter les châteaux de Valère et Tourbillon pour en faire des tribunes VIP, le président du club sédunois frôle la banqueroute. Celle-ci tombe cependant quelques mois plus tard lorsque C.C choisit de jeter ses derniers millions pour racheter le Val d’Anniviers et en faire une réserve naturelle. Malheureusement, les loups, de toutes espèces qu’ils soient, ne sont pas les bienvenus en Anniviers.

8) La fin des 300 jours de soleil

Il fallait s’y attendre: si les Vaudois, les Genevois, les Neuchâtelois, les Jurassiens, les Anglais, les Hollandais ou encore les Belges s’en sont rendus compte, il fallait bien qu’un jour les nuages en fassent de même. Le Valais terre d’accueil, de paysages à couper le souffle et surtout terre de soleil finit par attirer les cumulus et autres cirrus dans ses belles vallées. Le soleil doit ainsi fuir le Vieux Pays, tout comme il avait déjà fui le reste du pays par le passé.

9) L’instauration de Monthey comme chef-lieu

Face à l’exode de la population vers le Haut du canton, le Parlement décide de trancher drastiquement en choisissant Monthey comme capitale valaisanne. Malheureusement, les élus des différents partis n’ayant jamais passé le Coude du Rhône précédemment, la séance d’ouverture de la nouvelle législature n’a jamais pu avoir lieu. Le Valais se retrouve donc avec une capitale chablaisienne.

10) Le gel permanent des cultures

Le pays de la vigne et du vin a vécu un premier séisme l’année dernière en subissant la glaciale gifle du gel et ses conséquences désastreuses pour les cultures. Mais ce n’était qu’un avant-goût des tristes années à venir. Le gel sévit toujours plus fort et toujours plus loin au fil des ans. La vigne mais aussi les cultures fruitières sont réduites quasi à néant. Mais le problème majeur n’est pas là. Face à la morsure du froid, les Valaisans n’ont même plus d’eaux-de-vie pour se réchauffer.

Vital Monnet

Illustration: Tristan

 

 

Grincheux grinche.

[Opération Blanche Neige] Grincheux aurait refusé d’aider ses camardes

Ils étaient tous là lundi soir dans les rues de Sion. Là pour libérer la capitale de son manteau neigeux. Prof, pour dispenser son savoir et ordonner le bal des camions. Timide, aussi efficace que silencieux au volant de son chasse-neige. Dormeur, qui pour une fois avait accepté de solder ses précieuses heures de sommeil. Joyeux, tout simplement heureux de pouvoir piloter la rétro. Atchoum, affrontant un sale rhume pour aider ses compères. Et Simplet, inefficace avec sa pelle, mais présent pour remonter le moral des troupes. Lire la suite

Le gel, ce fléau

[Actualité] Les ceps de vigne bientôt autant gelés que les vignerons valaisans à la clôture de Vinea

Le constat est presque aussi amer qu’une piquette surmaturée du Lavaux: le gel qui sévit depuis trois nuits au cœur du Vieux Pays pourrait bien réduire à néant les perspectives de la vendange 2017. « À ce rythme-là, la glace au Fendant, on pourra la mettre en barquette directement sur le domaine ! » ironise Jean-Michel Favre, encaveur du Valais Central. Derrière ce sourire de surface se cache néanmoins la détresse de toute une profession. Son voisin de culture, Maurice Bonvin laisse transparaître tout son désarroi. « Quand on a une mauvaise année, on arrive tout juste à produire du vin de la qualité de celui des Vaudois. Alors sans pouce, on devra abaisser la comparaison avec celui des Genevois. » Une vérité qui sonne comme un désastre pour l’ensemble des encaveurs concernés.

La crédibilité dans les fleurs
Si les comparaisons des encaveurs se multiplient afin de vulgariser au mieux l’impact d’un fléau tel que le gel, Yves Salamin, président de l’association «In Giroud we trusted mais on a eu tort», a sans doute décroché la palme. Le représentant des encaveurs du Valais Central a lâché cette très belle métaphore. « En vérité, la plupart de nos ceps sont bientôt autant gelés que mes collègues et moi à la clôture de Vinea. » Ces quelques mots laissant transparaître une vérité des plus crues. « 90% des pouces sont détruites sur les parcelles touchées. 90%, c’est un peu près le pourcentage de la baisse de crédibilité de Jean-Michel l’année dernière quand il a vomi dans les fleurs de l’Hôtel de Ville à l’issue de la manif’. »

Les réserves entamées
Si la vendange 2017 semble compromise, aucun doute qu’au vu des leurs réponses, les encaveurs valaisans n’ont pas hésité à puiser dans leurs réserves des années précédentes afin de se mettre un peu de baume au cœur.

Vital Monnet

Pascal Dubosson

[FC Sion] Des supporters lancent une pétition pour que la finale de la Coupe se joue en Suisse et pas à Genève.

À peine les dernières vapeurs de l’after demi-finale au carnotzet à Berty effacées, la cohorte des supporters du FC Sion et leurs camardes opportunistes ont posé les premiers jalons de la préparation de la finale. Réservations de bus, commandes de cartons blancs et de caisses de Blonde 25, rien n’a été laissé au hasard de Naters au Bouveret. Pourtant «un détail» marquant a rapidement sauté aux yeux des Valaisans les plus observateurs: cette édition 2017 de la finale de la Coupe se jouera à Genève.

Pour une finale suisse en Suisse 
Des comptoirs de village aux réseaux sociaux, en passant par l’écurie, l’onde de choc a très rapidement émergé. «C’est un scandale !!!, enrage Pierrot Moulin, président d’un des clubs de supporters du Gradin Nord. Organiser une finale suisse en France, c’est de la pure folie !» Dans le Chablais, la réaction est tout aussi forte et l’incompréhension toute aussi vive. «Déjà que se taper des finales en terrain bourbine n’était pas simple, maintenant il faut déménager jusque chez les Frouzes !» s’exclame Yves Vuilloud, du syndicat «Ici c’est Sion.» Devant cette marée d’ahurissements, les différents clubs de supporters ont appelé à l’union sacrée et se sont unis pour lancer une pétition contre cette décision de l’ASF. Le combat «Pour que la finale de la Coupe de Suisse se joue en Suisse» a donc été lancé.

Des frontières aux relevés bancaires
Pour les initiateurs de cette pétition, «choisir Genève pour une finale d’une compétition helvétique est tout simplement une aberration.» Cependant, le comité directeur, présidé par un certain Roland Seppey, présente d’autres arguments pour se faire entendre. «Comment voulez-vous que l’on puisse charger nos bus comme à l’accoutumée et passer sans la frontière sans souci ? Ce sont des Français, mais ils ne sont pas bêtes pour autant, ils sauront reconnaître un vin de qualité et ils nous le confisqueront.» En dehors des problèmes liés à la boisson, un problème de liquidités pourrait s’annoncer pour les Sédunois. «Changer toute la paie du mois de mai en euro, ça fait cheni. Comment expliquer ça à ma femme quand elle épluchera mes relevés ?»

L’ouverture oui, mais avec des limites
Tout cela mis bout à bout, les initiateurs estiment que le lancement de leur pétition est plus que légitime. «On a déjà assez donné du spectacle à tous les amateurs de football, 13 finales durant, il serait temps que l’ASF nous prenne un peu au sérieux,» s’énerve Roland Seppey. Et à ceux qui oseraient lui dire qu’il est fermé d’esprit, le président du comité directeur rétorque: «on a déjà ouvert notre finale cantonale des combats de reines à des Italiens ou pire encore, à des Vaudois. Si ça c’est pas une preuve d’ouverture. Non franchement rien que d’imaginer «La Marseillaise» jouée en début de match, ça me fout la gerbe.»

Vital Monnet

Les JSVR en guerre contre les Jeunes UDCVr.

[Clash] Les jeunes socialistes proposent à Freysinger de reverser sa rente. L’UDC riposte en leur proposant de se couper les cheveux et de trouver un travail.

Et puis soudain l’espoir. Dimanche 19 mars après des mois d’une campagne hargneuse et d’une bassesse encore jamais atteinte, le Valais a enfin choisi le visage de son nouveau Conseil d’Etat. Si l’éviction du bel Oskar a été un soulagement pour la majeure partie des électeurs, la fin de cette période de trouble politique a quant à elle sonné comme un apaisement pour tout un canton. À l’exception peut-être des différents médias valaisans qui vont à nouveau devoir se creuser la tête pour abreuver le Vieux Pays d’informations non-politisées.

Que la guerre continue… 

Pourtant, seulement quelques heures après ce dénouement historique, les Jeunesses Socialistes du Valais Romand (JSVR) ont décidé de lustrer une nouvelle fois le carcan du désormais ex-conseiller d’Etat et néophyte en musique. Via un communiqué, les camarades, encore frustrés de la claque reçue par le souriant Stéphane, ont appelé le Saviésan à reverser tout ou partie de sa rente d’ancien conseiller d’Etat aux Valaisans dans le besoin. Cette demande fait suite au scandale de l’affiche «Maria» qui a vu l’UDC reprocher au canton d’aider davantage les migrants fuyant la guerre que ses propres citoyens fuyant le vin vaudois et la raclonnette. «Pas un de nos membres ne toucherait un centime des 80’000.- francs offerts par M.Freysinger puisque nous sommes tous des fils de bobos hors du besoin, souligne Marcel Héritier, membres des JSVR. Cependant, il serait juste que le tyran autrichien aille au bout de ses idées.»

OSS 117, toujours au top

Face à cette attaque, les Jeunes UDC du Valais Romand n’ont pas tardé à riposter. Grâce à une culture cinématographique des plus pointues, le comité central a proposé «aux JSVR de se couper les cheveux et de trouver un travail.» Comme leurs homologues socialistes, les représentants du parti ont donc décidé de frapper directement là où ils avaient le plus de chance de faire un strike. «C’est une référence à un film très rigolo que nous avons regardé en stage de scoutisme, explique Romain Crittin, membre du comité des Jeunes UDCVr. Ce film met en scène un agent secret qui fait des blagues racistes et misogynes. Un chef d’œuvre.»

C’est donc à coups de communiqués de presse tout aussi pertinents et bien sentis que la campagne au Conseil d’Etat continuera de souiller l’image de tout un canton.

Vital Monnet

157 millions dans la nature ?

[Finances] L’Etat du Valais aurait perdu le fond des 157 millions à investir dans les remontées mécaniques

De fonds perdus à fond perdu, il n’y a que deux lettres. Mais il y a également une ouverture de Carnaval bien trop arrosée à en croire certaines rumeurs. Des rumeurs qui proviennent du coteau saviésan et qui font courir le bruit que l’Etat du Valais aurait perdu le fond de 157 millions qu’il avait l’intention d’investir, à fonds perdus justement, dans les remontées mécaniques du canton.
«Je crois que le terme «égaré» serait plus adapté, souligne timidement Maurice Tornay, grand argentier du canton. Il ne faut pas être trop alarmiste, mais il est vrai que la situation est plus ou moins préoccupante.» Le conseiller d’Etat en charge des finances n’en dira cependant pas plus…

« Aux aurores ça fera plus sérieux… »
Des sources internes au département, qui ont bien évidemment préféré conserver leur anonymat, incriminaient la fièvre du Carnaval pour justifier la perte des 157 millions. «En fait c’est l’apéro de préparation aux festivités qui nous a eu, explique un des fonctionnaires présents peu avant le drame. Quand on a regardé l’heure, on s’est aperçu qu’il était trop tard pour amener les fonds à la BCV.» Emprunté devant cette situation, Maurice Tornay aurait alors décidé de confier sa mallette remplie de à ras-bord à l’un de ses bras droits. «Le patron s’est tout simplement dit qu’on irait la déposer aux aurores, ça ferait plus sérieux. Il a confié le précieux colis à Dubuis et il est rentré décuiter.»

Les mallettes, c’est comme les vestes
Ce certain Dubuis, dont le nom de famille trahit ses origines, aurait cédé aux sirènes du Carnaval et ce serait rendu directement à Saint-Germain. Un de ses amis proches témoigne : «comme il avait pas eu le temps de passer à Granois pour le costume, il s’est dit que son costard et sa mallette feraient l’affaire, un peu comme dans les Men in Black.» Un choix salué par sa horde d’amis qui avaient fait un petit détour par le Péno, 5 heures auparavant. «Tout avait très bien commencé, poursuit son ami. Il a enchaîné les thés froids les deux premières heures. Et puis gentiment, les serveurs ont ajouté une once d’abricotine.» Tant et si bien, qu’au fil des verres, le thé froid résistait de moins en moins aux assauts de l’envahissante liqueur. «Ma copine, qui nous ramenait ce soir-là, m’a dit qu’il avait bien tenu. Mais bon, une mallette c’est comme une veste, dans ce genre de soirée, difficile de rentrer avec la sienne !»

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [4/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conches : Oskar Freysinger (Ensemble à droite)
Conches district frontière avec les cantons d’Uri et du Tessin. À proximité de la Suisse profonde et de la Lega donc, un lieu de résidence idéal pour l’homme au carcan. Malgré sa vaste étendue territoriale, la région n’abrite que quelques milliers d’habitants. Des habitants coupés du reste du canton et du monde, durant une majeure partie de l’hiver. L’emplacement rêvé pour éloigner Oskar et ses idées du reste du Vieux Pays. Avec un peu de chance, les loups qui ont élu domicile dans la Vallée le recueilleront et l’élèveront comme l’un des leurs.

District de Sierre : Jacques Melly (PDC)
C’est sur ses terres que Jacques Melly viendra terminer sa carrière politique. Une sorte de dernier baroud d’honneur à la saveur de consécration pour celui qui est né et a grandi dans le district. En lui offrant la présidence de sa région d’origine, le Parlement valaisan permet à ce bon vieux Jacques de boucler la boucle. Lui qui a été tout d’abord conseiller général puis communal dans la Cité du Soleil, avant de représenter son district au Grand Conseil et au Conseil d’Etat devrait installer son nouveau fief au départ de la route d’Anniviers. Cette configuration lui permettra peut-être de voir un jour le raccordement des autoroutes du Bas et du Haut. L’espoir fait vivre…

District d’Entremont : Jean-Marie Bornet (Rassemblement citoyen valaisan)
Sorti du bois à la Foire du Valais, l’ancien chef de la communication de la police cantonale ira, comme un symbole, gouverner un district limitrophe de celui de Martigny. L’arrondissement le plus imposant du Valais francophone dispose d’un espace suffisant pour permettre à l’ego du candidat de s’y établir. En faisant ce choix, le Grand Conseil fait coup double et permettra au Rassemblement citoyen valaisan de faire ses preuves dans un district passablement chahuté politiquement où «rassembler» sera un défi d’envergure.

District de Sion : Jean-Michel Bonvin (AdG)
Avant-dernier candidat à être entré dans la course au Conseil d’Etat, Jean-Michel Bonvin aura le privilège de gouverner sur ses terres. En lui offrant la présidence du district de Sion, le Grand Conseil permet au candidat de la liste de l’Alliance de Gauche de réaliser son rêve: barrer la route d’Oskar Freysinger. Si au sens figuré, cela lui aurait été impossible, au sens propre la proximité géographique entre Savièse et Arbaz laisse un minimum d’espoir à Jean-Michel.
En contrepartie, le Parlement valaisan exigera du président de district, qu’ils laissent les autorités de la capitale mener la politique qu’elles souhaiteront. Ce qui ne devrait pas poser problème pour un membre du Centre Gauche PCS, un parti qui a l’habitude de laisser les autres prendre les décisions à sa place.

Vital Monnet