[Aminona] Radovan Vitek propose de poser une énorme bâche pour cacher la station

«Ces tours me font penser aux trois horribles verrues que ma grand-mère avait sur le visage», lâche Radovan Vitek, le regard tourné vers Aminona. «Je l’aimais ma grand-mère, elle était magnifique, mais ces trois verrues ont toujours été un frein à notre relation», soupire le milliardaire tchèque. La métaphore très personnelle de l’actionnaire majoritaire de CMA traduit un mal-être qui l’assaille depuis son arrivée sur le Haut-Plateau. «Franchement, ce n’est pas sérieux de l’architecture tibétaine dans les montagnes valaisannes. Si au moins ça rapportait de l’argent…»

La bâche, une solution transitoire

Alors que plusieurs projets immobiliers pour «relancer» – ou lancer, c’est selon – la station ont échoué, Radovan Vitek vient de proposer une solution transitoire pour la saison d’hiver 2019-2020. «On va poser une énorme bâche sur la station, cela permettra de cacher la m**** au chat temporairement. Ensuite on planchera sur une solution plus drastique et définitive durant l’été.» Car le milliardaire tchèque le précise avec force: «si on sort du MagicPass, ce n’est pas pour retrouver les mêmes bouseux, quelques mois plus tard, tous entassés à Aminona. Crans-Montana doit redevenir une station de strasses et de paillettes.»

Une solution écologique et culturelle

Même si Vitek a conscience que sa «solution» risque de provoquer un tremblement de terre – bien au-delà du Sanetsch – dans tout le canton, l’actionnaire majoritaire de CMA précise que l’énorme bâche qui recouvrira Aminona sera «100% écologique et biodégradable». «On savait qu’on ferait face à la critique, alors on a anticipé les éventuels levers de bouclier des Verts. Ainsi, notre bâche sera fabriquée en Valais avec des produits issus de l’agriculture et des forêts locales.» Les décideurs de CMA ont également prévu un volet culturel à ce projet hivernal. «Nous ne voulions pas placer une énorme bâche de couleur unie, même si cela aurait quand même été préférable à ces tours. Nous avons donc décidé de permettre à des artistes valaisans et aux élèves des classes enfantines de Montana de la peindre avant qu’elle soit mise en place.»

Vital Monnet