Archives mensuelles : février 2017

Crédit RTS

Le vent entendu comme prévenu par la police après une plainte de Jean-Marie Bornet

Si la campagne électorale valaisanne arrive gentiment à son terme, les scandales, eux, n’ont pas fini d’entacher les débats démocratiques. Cette fois-ci, c’est du côté du néophyte en politique Jean-Marie Bornet que l’affaire est tournée. Le Nendard a déposé une plainte pénale au commissariat de police après qu’une de ses banderoles a été arrachée vendredi après-midi.

Sur sa page Facebook, Jean-Marie Bornet a menacé de porter plainte contre les auteurs de cet acte anti-démocratique. Chose qu’il a faite ce matin au poste de police de Sion, ouvert pour l’occasion. D’après les premiers éléments de l’enquête, le suspect ne serait pas une personne physique, ni même une personne morale. Le prévenu serait tout simplement le vent. La force invisible aurait été confondue parmi les différents suspects grâce à divers témoignages. Ce que confirme Hector Héritier, spécialiste chez Meteoswiss :« Le vent a soufflé jusqu’à 65 km/h vendredi et on a eu droit à des rafales encore plus fortes localement ».

Afin de faire la lumière sur cette affaire de banderole dérobée, le vent sera entendu par la police mardi matin à 8h00 tapante. Le fait qu’un élément invisible de la nature soit convoqué par la police ne semble pas déranger les forces de l’ordre comme en témoigne cet agent de la police cantonale préférant garde l’anonymat : « On fait une enquête, on trouve un suspect et on le convoque, c’est pas plus difficile que ça. » Très sûr de lui, le gendarme surenchère :« Et gare à lui si il ne se présente pas demain. On ira le déloger dans sa demeure, à Martigny. » En attendant le verdict de l’audition du prévenu, la campagne électorale valaisanne poursuit son chemin tout en demeurant une véritable poudrière.

Mistral Reynard

Andi_Graf

[Insolite] Nouveau dans une Guggen, il apporte des partitions

Florent poursuit un rêve depuis son adolescence. Ce qu’il croyait être une chimère il y a peu, s’est subitement réalisé la semaine dernière : il intègre la célébrissime Guggenmusik sédunoise d’Eksapette. Hélas, pour ce Chermignonard de 24 ans, sa jubilation sera très vite effacée par une lourde humiliation. Reportage.

« Je joue du trombone depuis l’âge de 7 ans. J’ai travaillé sans relâche pour avoir la chance d’intégrer un jour le collectif d’Eksapette » lâche Florent, des étoiles dans les yeux. Le jeune musicophile a rédigé une lettre de motivation d’une soixantaine de pages où il énumère les raisons pour lesquelles il voudrait rejoindre la Guggen de ses rêves. Un investissement payant puisque le président d’Eksapette, Patrick Pannatier, décide de l’engager sans même agender une rencontre préalable. « J’ai pas tant lu le roman qu’il m’a envoyé, mais un de mes trombonistes a fait l’erreur de se marier, du coup je cherchais quelqu’un pour le remplacer » confesse-t-il, la mine résignée.

Seulement, le ciel bleu océan de Florent vire très vite à l’orage. Alors que la Guggen s’était donnée rendez-vous sur la Place du Midi pour un « concert » improvisé aux abords des terrasses, le néophyte de Chermignon se présente avec les partitions des morceaux. « On est d’abord tous restés perplexes, sans savoir comment réagir », raconte Gwendoline, une des souzaphonistes. « Puis on s’est littéralement vautré de rire pendant une bonne vingtaine de minutes », poursuit celle qui soufflait dans une Blonde 25 par flemme de porter son instrument.

La Guggenmusik sédunoise se voit contrainte d’annuler sa représentation, faute de souffle. « On a tellement ri que plus personne ne pouvait produire le moindre son », explique le président du collectif, toujours hilare. « Le coup des partitions, c’est vraiment du jamais vu. Mais personnellement, il m’a vraiment achevé lorsqu’il a demandé quand avaient lieu les répétitions », conclut-il avant de mourir tragiquement d’une crise cardiaque.

Caliméro Fournier

157 millions dans la nature ?

[Finances] L’Etat du Valais aurait perdu le fond des 157 millions à investir dans les remontées mécaniques

De fonds perdus à fond perdu, il n’y a que deux lettres. Mais il y a également une ouverture de Carnaval bien trop arrosée à en croire certaines rumeurs. Des rumeurs qui proviennent du coteau saviésan et qui font courir le bruit que l’Etat du Valais aurait perdu le fond de 157 millions qu’il avait l’intention d’investir, à fonds perdus justement, dans les remontées mécaniques du canton.
«Je crois que le terme «égaré» serait plus adapté, souligne timidement Maurice Tornay, grand argentier du canton. Il ne faut pas être trop alarmiste, mais il est vrai que la situation est plus ou moins préoccupante.» Le conseiller d’Etat en charge des finances n’en dira cependant pas plus…

« Aux aurores ça fera plus sérieux… »
Des sources internes au département, qui ont bien évidemment préféré conserver leur anonymat, incriminaient la fièvre du Carnaval pour justifier la perte des 157 millions. «En fait c’est l’apéro de préparation aux festivités qui nous a eu, explique un des fonctionnaires présents peu avant le drame. Quand on a regardé l’heure, on s’est aperçu qu’il était trop tard pour amener les fonds à la BCV.» Emprunté devant cette situation, Maurice Tornay aurait alors décidé de confier sa mallette remplie de à ras-bord à l’un de ses bras droits. «Le patron s’est tout simplement dit qu’on irait la déposer aux aurores, ça ferait plus sérieux. Il a confié le précieux colis à Dubuis et il est rentré décuiter.»

Les mallettes, c’est comme les vestes
Ce certain Dubuis, dont le nom de famille trahit ses origines, aurait cédé aux sirènes du Carnaval et ce serait rendu directement à Saint-Germain. Un de ses amis proches témoigne : «comme il avait pas eu le temps de passer à Granois pour le costume, il s’est dit que son costard et sa mallette feraient l’affaire, un peu comme dans les Men in Black.» Un choix salué par sa horde d’amis qui avaient fait un petit détour par le Péno, 5 heures auparavant. «Tout avait très bien commencé, poursuit son ami. Il a enchaîné les thés froids les deux premières heures. Et puis gentiment, les serveurs ont ajouté une once d’abricotine.» Tant et si bien, qu’au fil des verres, le thé froid résistait de moins en moins aux assauts de l’envahissante liqueur. «Ma copine, qui nous ramenait ce soir-là, m’a dit qu’il avait bien tenu. Mais bon, une mallette c’est comme une veste, dans ce genre de soirée, difficile de rentrer avec la sienne !»

Vital Monnet

Gray_Wolf_Maya

[Anniviers] Selon les premières analyses, la louve de Mayoux était une ressortissante italienne vivant de l’aide sociale depuis 2014

Si les enquêteurs n’ont toujours pas de trace du braconnier, malgré les récompenses promises à celui qui le dénoncera, ils ont en revanche pu en savoir plus sur la louve assassinée. Grâce à des prélèvements effectués sur le cadavre du canidé, la Corporation d’Intervention d’Anniviers (CIA) était en mesure ce matin de dévoiler les premiers éléments de l’enquête.

Louve au passé obscur

Il ressort de l’enquête que la louve abattue était en fait une ressortissante italienne de 6 ans. Avec l’aide du témoignage d’un furet préférant rester anonyme, la CIA a découvert que la louve vivait ici depuis 2014. Sans domicile fixe connu, elle passait son temps à vagabonder entre le Val d’Anniviers, le Val d’Hérens et le Lötschental. Elle aurait également profité du laxisme de notre système pour toucher de l’aide sociale en faussant sa carte de légitimation. Elle aurait par ailleurs reçu des dizaines de kilos de viande d’agneau provenant de divers restaurants du Valais Romand avec la complicité de l’association Kebab du coeur. Une fin cruelle pour celle qui avait toujours su rester discrète jusque-là.

Piste UDC

Si les pistes pour retrouver la trace du braconnier se sont d’abord tournées vers le milieu de la chasse et des éleveurs, aujourd’hui, d’autres informations laissent présagés que des militants UDC pourraient être impliqués dans cette sordide affaire. Hasard du calendrier, la veille du braconnage de la louve, le parti agrarien lançait une initiative intitulée « Le Valais d’abord ». Avec son statut de persona non gratae et d’étrangère profitant du social, la louve de Mayoux avait le profil parfait « d’homme à abattre ». De son côté, l’UDCVR a immédiatement réagi à ses soupçons par le biais de son coprésident Jérome Desmeules en publiant sur sa page Facebook le message suivant « HAHAHAHA ». L’enquête suit donc toujours son cours.

Honoré Pitteloud

valais-rules

Ces phrases qu’aucun Valaisan n’a jamais prononcé

  • « Hey, on va se boire un jus de pomme après le boulot ? »
  • « Vivement finir le CFC pour pouvoir m’expatrier à Genève »
  • « C’est joli Martigny dis-voir »
  • « Je sais pas quoi faire avec le carton de Gamay que j’ai gagné au Loto »
  • « Hey mais le merveilleux week-end que j’ai passé à Gondo »
  • « Cette année je sens qu’on va la perdre cette finale de coupe »
  • « Tu parles haut-valaisan ? C’est un magnifique dialecte dis-donc »
  • « Salut, deux verres de Chasselas steuplait »
  • « Moi je suis né au Valais »
  • « Ça me manque Yverdon »
  • « Mais il y a jamais de soleil dans ce canton »
  • « Un verre de Petite Arvine ? Non merci, j’en ai assez bu »
  • « Tu t’es cru à l’alpage avec tes chaussures Scarpa ? »
  • « J’ai vendu mon Imprezz’ sur Autoscout24 « 
  • « J’étais à la foire du Valais, mais j’ai pas trouvé un seul bar »
  • « Quoi, t’aimes pas la Suze ? Même pas la Suze-Cacao ? »
  • « T’as pas froid avec ton gilet Mammut ? »
  • « On a pas fait tard hier, on a juste bu une en vitesse et on est rentré »
  • « Ahh, on a un hymne en Valais ? »
  • « Et vous pensez au bonheur des vaches pendant vos combats de reines ? »
  • « Salut, tu me mets une Henniez Verte steuplait ? »
  • « Il fait pas un peu trop chaud pour allumer le four à raclette ? »
  • « Mais y’aura un bar à cette Fête de la Pomme ? »
  • « Ces cinq années passées à Reckingen ont été formidables »
  • « Tiens, un Vaudois qui me dépasse »
  • « Salut, tu me mets un galopin de panaché steuplait? »
  • « Elle est vraiment agréable et respectueuse cette campagne électorale »
  • « La raclonette, c’est bien meilleur que la Raclette »
  • « Tiens, une nouveauté musicale sur Rhône FM »
  • « Huu mais elle est trop dosée cette Suze-Lime »
  • « Ça t’emmerdes pas d’aller en vacances avec Buchard Voyage ? »
  • « Mais pourquoi le Nouvelliste a mis la page des morts au début du journal ? »
  • « C’est qui ce type vers le Club avec sa veste en fourrure ? »
  • « Génial cette soirée mousse à la Grenette »
  • « Ça fait plaisir, cette année à la Sainte-Catherine, personne ne fume sous la tente »
  • « C’est qui Charles Favre ? »
  • « J-4 avant le comptoir Suisse »
  • « Pourquoi ce type roule doucement avec la musique à fond dans sa BMW sur la Place du Midi ? »
  • « Ils vendent plus une bière dans le Gradin Nord »
  • « Chouette, des touristes hollandais sur la route du Val d’Hérens »
  • « Ils sont quand même beau ces trains par chez nous »
  • « C’est pas trop dur de conduire un boguet avec un bras ? »
  • « On est en 2016, c’est fini la coupe mulet »
  • « Ça c’est Franz Weber, mon cousin germain »
  • « Il était tolérant et honnête Oskar à Infrarouge hier »
  • « Chérie, tu voudrais pas déménager à Kandersteg ? »
  • « Ahh quel plaisir de pourvoir apprécier ces discussions animés entre mes compatriotes militaires schwitzois pendant mes voyages en train »
  • « Pourquoi ce type au chapeau roule avec une Jeep 30 à l’heure ? »
  • « Elles sont douces et agréables ces affiches UDC »
  • « Très aimable ces jeunes lurons qui te demandent généreusement si tu as un problème à la gare de Sion »
  • « Ahhh elle est enfin fini cette autoroute dans le Haut-Valais »
  • « C’est laquelle ta rue préférée à Sierre ? »
  • « Ils sont quand même restés frères et sœurs tes parents au moment du divorce ? »
  • « Hahaha son nom de famille c’est Tridondane »
  • « Plutôt Heineken ou Blonde 25 ? »
  • « On sent un choix mûrement réfléchi par CC »
  • « Pas eu de grabuge ce soir au St-James »
  • « Félicitations à l’arbitre qui a sanctionné le joueur bâlois qui simulait »
  • « Monstre frais ces sandwichs chez Zen »
  • « Tcheu je me suis fait flashé à Saxon »
  • « Ils en sont déjà à combien de Coupe de Suisse le FC Sion ? Huit ou neuf ? »
  • « La Coupe de Suisse, on s’en fout, tant qu’on finit dans les six premiers en championnat ! »
  • « Le Père Cornu ? Connais pas… »
  • « Haut-Valais, Bas-Valais on s’en fout, l’important c’est d’être ensemble. »
  • « Pourriez-vous m’indiquer où se trouve la Place de la Planta ? »
  • « Mon arrière grand-père était socialiste. »
  • « J’étais aux iles dimanche et j’ai cherché en vain des sardines grillées »
  • « J’ai fini avec une au Club »
  • « Tu fous quoi en salopette en discothèque ? »
  • « Si je déménage de Sion, c’est pour aller à Grône »
  • « Oui, j’ai choisi de mon plein gré de rentrer dans la fanfare »
  • « C’est vraiment mérité ce titre du plus beau village romand pour Vernayaz »
  • « La prochaine remise des Prix Nobel se déroulera à Orsières »
  • « Un pinot-coca steuplait »

Mitsuko Mariétan

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [4/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conches : Oskar Freysinger (Ensemble à droite)
Conches district frontière avec les cantons d’Uri et du Tessin. À proximité de la Suisse profonde et de la Lega donc, un lieu de résidence idéal pour l’homme au carcan. Malgré sa vaste étendue territoriale, la région n’abrite que quelques milliers d’habitants. Des habitants coupés du reste du canton et du monde, durant une majeure partie de l’hiver. L’emplacement rêvé pour éloigner Oskar et ses idées du reste du Vieux Pays. Avec un peu de chance, les loups qui ont élu domicile dans la Vallée le recueilleront et l’élèveront comme l’un des leurs.

District de Sierre : Jacques Melly (PDC)
C’est sur ses terres que Jacques Melly viendra terminer sa carrière politique. Une sorte de dernier baroud d’honneur à la saveur de consécration pour celui qui est né et a grandi dans le district. En lui offrant la présidence de sa région d’origine, le Parlement valaisan permet à ce bon vieux Jacques de boucler la boucle. Lui qui a été tout d’abord conseiller général puis communal dans la Cité du Soleil, avant de représenter son district au Grand Conseil et au Conseil d’Etat devrait installer son nouveau fief au départ de la route d’Anniviers. Cette configuration lui permettra peut-être de voir un jour le raccordement des autoroutes du Bas et du Haut. L’espoir fait vivre…

District d’Entremont : Jean-Marie Bornet (Rassemblement citoyen valaisan)
Sorti du bois à la Foire du Valais, l’ancien chef de la communication de la police cantonale ira, comme un symbole, gouverner un district limitrophe de celui de Martigny. L’arrondissement le plus imposant du Valais francophone dispose d’un espace suffisant pour permettre à l’ego du candidat de s’y établir. En faisant ce choix, le Grand Conseil fait coup double et permettra au Rassemblement citoyen valaisan de faire ses preuves dans un district passablement chahuté politiquement où «rassembler» sera un défi d’envergure.

District de Sion : Jean-Michel Bonvin (AdG)
Avant-dernier candidat à être entré dans la course au Conseil d’Etat, Jean-Michel Bonvin aura le privilège de gouverner sur ses terres. En lui offrant la présidence du district de Sion, le Grand Conseil permet au candidat de la liste de l’Alliance de Gauche de réaliser son rêve: barrer la route d’Oskar Freysinger. Si au sens figuré, cela lui aurait été impossible, au sens propre la proximité géographique entre Savièse et Arbaz laisse un minimum d’espoir à Jean-Michel.
En contrepartie, le Parlement valaisan exigera du président de district, qu’ils laissent les autorités de la capitale mener la politique qu’elles souhaiteront. Ce qui ne devrait pas poser problème pour un membre du Centre Gauche PCS, un parti qui a l’habitude de laisser les autres prendre les décisions à sa place.

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [3/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Monthey : Claude Pottier (PLR)
Il faut rendre à César ce qui est à César et à Monthey ce qui est à Monthey. Tout aussi inconnu et alibi que son compère de liste, Claude Pottier présidera le district qui l’a vu naître. Le Parlement ne voyant aucune raison de ne pas laisser les Bas-Valaisans supporter le joug de celui qu’ils ont engendré. La toute fraîche nouvelle de sa possible alliance avec Ensemble à droite, si il y avait dû y avoir un 2e tour, affermit le sentiment qu’envoyer le libéral-radical à la Gauche géographique de la carte du canton lui fera le plus grand bien.

District de Rarogne occidental et oriental : Nicolas Voide (Ensemble à droite)
Qui d’autres que Nicolas Voide pour siéger à la tête d’un district séparé en deux entités mais unit par un tronc commun ? À nouveau, le Grand Conseil a jugé judicieux de permettre à l’ancien grand baillif de mettre à profit son expérience personnelle au service de la population des deux demi-districts. Rarogne occidental et Rarogne oriental, c’est un peu comme l’aile conservatrice et l’aile progressiste du PDC, entre les deux il faudra trouver la balance. Un défi réel pour Nicolas, s’il ne veut pas voir son district se faire exclure du canton au terme de la législature.

District de Viège : Esther Waeber-Kalbermatten (AdG)
La logique aurait voulu que la très souriante et expressive Esther Waeber-Kalbermatten puisse profiter de ses vieux jours en prenant la présidence de Brigue, son district d’origine. Seul bémol, et pas des moindres, la ville abrite en son sein le Spitalzentrum Oberwallis, comprenez l’équivalent haut-valaisan de l’hôpital de Sion. Afin de ménager à la fois les nerfs de la socialiste et les finances du district, le Grand Conseil a pris la décision de la muter vers l’arrondissement limitrophe de Viège. Entourée des siens, Esther pourra tranquillement attendre ses 68 ans pour enfin prendre une retraite bien méritée.

Vital Monnet

 

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [2/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Conthey : Frédéric Favre (PLR)
Dans sa folle course à sa gloire passée, le parti libéral-radical a malheureusement égaré le dernier embryon de crédibilité qu’il lui restait. En proposant deux candidats alibi, les Bleus étaient certains de ne pas faire leur retour au sein du gouvernement. Par chance, Frédéric Favre pourrait tout de même siéger à la présidence du district de Conthey. Sa région d’origine et donc la seule où quelqu’un serait susceptible de la reconnaître en le croisant dans la rue.

District de Loèche : Roberto Schmidt (PDC)
Sans faire un bruit, le brave Roberto Schmidt aurait empoché son siège dans un Conseil à cinq grâce à l’appui de ses concitoyens du Haut. Pas dupe, le Parlement a décidé de lui offrir la présidence d’un district à hauteur de sa personnalité, celui de Loèche. District tampon, partagé entre le Valais francophone et son voisin germanophone, à cheval sur la Raspille, difficile de revendiquer une véritable identité. Ce district lui permettra donc de pencher une fois à Gauche, une fois à droite, sans jamais se mouiller. Et puis ne nous mentons pas, grâce à ce choix, Roberto ne devrait même plus quitter sa terrasse pour se rendre dans la Berne fédérale durant les sessions du Conseil National. Le président du district et de la commune de Loèche n’aura plus qu’à se laisser bronzer tranquillement à l’abri de ses multiples casquettes.

District d’Hérens : Stéphane Rossini (AdG)
Certes le Nendard aurait préféré le district de Conthey où il a ses quartiers, voire même celui de Sion où il aurait pu faire baigner sur la capitale son légendaire sourire et sa sympathie. Cependant, comme souvent, la Gauche a dû se contenter d’un rôle de spectatrice lors de la répartition interdistrict. Comme souvent, la Gauche n’a pas pu faire entendre sa voix et Rossini devra se contenter du siège bancal, d’un arrondissement tout aussi bancal, scindé en deux par Sion et Sierre. Un petit rappel à la scission interne qui l’opposait à Esther et qui aurait dû anéantir les chances de siéger de son parti.

Vital Monnet

Treize étoiles, treize districts.

[Elections cantonales] Afin d’éviter les tensions de la campagne, le Grand Conseil propose que chacun des treize candidats préside un des treize districts [1/4]

«Ah bon, y aura les élections cantonales cette année ?» Voilà une phrase que seul un ermite bagnard, revenu de sept ans de retraite aux pieds du Grand Combin, oserait prononcer. Car des confins de la Vallée de Conches au bord du Lac Léman, tout le Valais a entendu, lu ou même simplement senti dans l’air que la course au Conseil d’Etat avait été lancée.

Depuis quelques semaines, les médias valaisans et même nationaux relatent un combat de coqs phénoménal et inédit, d’une rare violence et bassesse. Entre les affaires de la précédente législature, les critiques des bilans des élus actuels et les attaques sur la vie privée, un climat aussi morose que la météo vaudoise règne sur le Vieux Pays. Cependant, le Grand Conseil valaisan a décidé de réagir, afin d’éviter la guerre civile et de sauver ce qu’il reste de crédibilité à son canton et ses politiciens.

Réunis en séance extraordinaire, le Parlement valaisan a tout simplement décidé d’annuler la course au Conseil d’Etat ! En contrepartie et afin d’apaiser les ego des treize candidats, le législatif cantonal a décidé d’offrir à chacun d’entre eux la présidence d’un des treize du district du Vieux Pays. Les chefs de groupe des différents partis se sont exprimés en ces mots pour justifier leur décision : «le hasard fait parfois bien les choses. Treize candidats, treize districts, cela a considérablement simplifié notre tâche. Il a juste fallu modifier la règle désuète d’un seul élu par arrondissement mais tout le monde a compris que nous cherchions le bien commun au travers de cette démarche.» Les députés ne se sont pourtant pas arrêtés là et ont fourni leur répartition idéale, justifications à l’appui. Un document top secret que la rédaction L’Alcazar est parvenue à se procurer et à résumer.

District de Brigue : Sigrid Fischer-Willa (Ensemble à droite)
Qui est Sigrid Fischer-Willa ? Que faisait-elle avant de se lancer dans la course au Conseil d’Etat ? Existe-t-elle réellement ? Autant de questions éveillées par la candidature de la Haut-Valaisanne. Si la plupart demeurent aujourd’hui sans réponse, le Parlement semble avoir trouvé le moyen de renvoyer la candidate d’Ensemble à droite dans l’anonymat d’où elle vient. Ce sera donc à Brigue, loin des oreilles francophones et à proximité des gens qui parviendront à déchiffrer son langage que Sigrid débutera son règne.

District de Martigny : Christophe Darbellay (PDC)

C’est à domicile que le double-mètre du PDC présidera. Certains imaginent ainsi que ce choix est à l’image de ce qu’aurait été une élection à la régulière : Christophe Darbellay triomphant sur ses terres devant son compère (ou ex-compère, suivant votre définition de la trahison) Nicolas Voide. Que nenni ! Si l’ancien conseiller national s’est vu octroyer le fauteuil présidentiel du district martignerain, c’est avant tout pour éviter une nouvelle affaire d’enfant illégitime. Dans une région où tout le monde le connait et le reconnait, plus difficile d’emballer la première venue au coin du bar.

District de Saint-Maurice : Thierry Largey (Les Verts)
Pour plusieurs raisons, Thierry Largey aurait pu prétendre à la présidence du district de Monthey. Un goudronnage d’entrée de Ville aux couleurs de son parti et un joli petit drapeau sur lequel flotte un arbre tout aussi mignon. Mais le Parlement a décidé d’épargner la gouvernance de Claude Pottier à d’autres que les siens. La tête d’affiche du parti écologiste s’est donc vu remettre le district voisin de Saint-Maurice. Un district qui le rapproche toujours plus du canton de Vaud, seul endroit où Le Vert aurait eu une chance de se faire élire au gouvernement. En espérant que Thierry Largey ne s’inspire pas du « régime » Brélaz durant ses quatre ans de sa législature.

Vital Monnet

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[Insolite] Un commentaire pertinent retrouvé par erreur sur la page Facebook du Matin

Perceval Farquet consultait son application Facebook comme il le fait plusieurs fois par jour. Un article sur Donald Trump attire son attention. Sans crier gare il clique dessus et lit l’article dans son entier. Pensant avoir affaire à un article du Temps, il décide d’aller consulter la rubrique « commentaires » de la publication afin d’échanger avec des gens partageant souvent les mêmes opinions que lui. Là, Perceval tombe des nues. Des commentaires racistes et misogynes, des insultes, des fautes d’orthographes à en faire pleurer Frank Ribéry, des théories de complot illuminati-reptilien, des points de Godwin atteint (NDLR: reductio ad Hitlerum) plusieurs fois etc. Choqué des propos qu’il lit, Perceval comprend rapidement qu’il se trouve sur la page d’un média sensationnaliste. Il décide tout de même d’aller lire les commentaires jusqu’au dernier moins « liké ». Un choix qui s’avérera gagnant puisqu’il tombe sur le monologue de Gustave argumentant, étude à l’appui, les causes et les conséquences du terrorisme.

Un commentaire censé, développé, qui n’enfreint aucune loi sur le racisme ou d’incitation à la haine sur la publication du Matin, est-ce vraiment possible ? « Oui » nous répond Jefferson Balet, expert en publications sur les réseaux sociaux.  « Nous avons déjà noté plusieurs cas de commentaires pertinents sur les pages Facebook du Matin, tout comme du 20 Minutes. Même s’ils se font rare, certains débats se concluent parfois sans une injure ni une menace avec des arguments concrets » ajoute Jeff. Contactées, les rédactions du Matin et du 20 Minutes ont tout simplement précisé que par soucis de liberté d’expression et d’opinion, elles toléraient les commentaires pertinents et en lien avec le sujet.

Américo Caloz