Archives mensuelles : octobre 2016

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Des rescapés du terrible séisme de Loèche-les-Bains témoignent

Ils s’appellent Joseph, Blanche et Lucette et tous ont un point commun : ils ont survécu au terrible tremblement de terre de hier après-midi. Notre équipe de reporters est partie à leur rencontre. Récit.

« Mon chat est encore tout apeuré »

16h44, tout se passait à merveille pour Blanche dans son domicile de Sierre. Occupée à nettoyer la cage à pétole de Tadneige, son chat tigré de deux ans, elle ne se doute encore de rien. En l’espace de quelques secondes c’est le drame, le sol se met à trembler, les vitres également. Trois secondes d’horreurs inouïes. Plusieurs bibelots se cassent sous la violence du séisme. En personne responsable, Blanche se réfugie immédiatement sous une table. Après de longues minutes d’attente et d’incertitude elle refait surface pour constater les dégâts. Une petite sculpture d’une valeur inestimable représentant son Tadneige en porcelaine, une statuette de la Vierge Marie ainsi qu’un verre à vin de la cave Gsponer à Ulrichen feront parti des victimes du désastre. Par miracle son petit félin a survécu malgré le traumatisme subi. Elle se console en lui récitant un poème en haut-valaisan. Encore en état de choc, Blanche a néanmoins le réflexe d’avertir les secours. Ni une ni deux, elle dégaine son smartphone et ouvre l’application Facebook. Par chance, le Nouvelliste avait déjà été saisi de l’affaire en signalant la secousse sur le réseau social. La Sierroise en profite pour indiquer à ses amis que tout va bien et commente ainsi la publication du quotidien valaisan : « Forte secousse à Sierre, les vitres ont vibré, quelques objets se sont brisés sous l’impact de la déflagration. Mon chat est encore tout apeuré ».

Un gros trou noir

Même traumatisme du côté de Joseph à Loèche-les-Bains. Travaillant au sein même de la station thermal en tant que manœuvre, Joseph était en train de repeindre un mur dans un bâtiment en travaux lorsque l’incident se produisit. De longues et intenses secondes figeront le malheureux sur place. La peur se dessina sur son visage. Tout comme Blanche, il attendra encore plusieurs minutes avant d’entreprendre quelque chose. Comme tétanisé par la puissance du bruit, il ne parvint plus à se rappeler avec exactitude ses faits et gestes. Néanmoins, il se souvint avoir appelé le 144, le 117 ainsi que le 118 afin de les avertir de l’onde de choc ressentie. Plus de peur que de mal pour Joseph qui décidera de terminer sa journée de travail après cette secousse.

« Je me suis dit, bordel Gérard t’as encore foutu de la goutte dans mon café et j’ai des hallucinations »

Lucette, quant à elle, était bien plus loin de l’épicentre du tremblement de terre puisque c’est dans sa maison de Vouvry qu’elle se trouvait au moment de la secousse. « Le sol a bougé deux secondes, j’ai rien compris. Je me suis dit, bordel Gérard (NDLR: son mari) t’as encore foutu de la goutte dans mon café et j’ai des hallucinations. Que nenni, j’ai allumé l’ordinateur et zieuté sur Facebook. Déjà 5 de mes amis avaient actualisé leur statut par rapport au tremblement de terre. Je me suis sentie rassurée malgré le choc » claironne-t-elle en buvant son cappuccino. Un choc, ce n’est pas peu dire. Toute penaude, Lucette avouera même s’être fait pipi dessus, et cette fois-ci, son incontinence urinaire n’y était pour rien.

Syrie-Valais : l’insécurité

Vingt-quatre heures après le séisme, nos trois rescapés sont encore bouleversés mais se disent heureux d’avoir survécu malgré les dégâts matériels. Au moment de retourner dans les bureaux de la rédaction, Paul-Loup, un des stagiaires non rémunéré de l’Alcazar fait la rencontre de Sayid, jeune réfugié syrien de 22 ans. Tout chamboulé, Sayid appartient lui aussi au camp des rescapés. Arrivé le 16 octobre en Valais, le bougre a décidé de retourner dans son pays d’origine car la menace d’un séisme gigantesque annoncée par tous les médias a, selon lui, eu raison de sa détermination. Il a expliqué avoir décidé ceci en apercevant la peur dans le regard d’un chat, rencontré au hasard d’une ruelle de Sierre lors du tremblement de terre. Pour lui, quitte à vivre dans un pays instable, plutôt vivre auprès des siens.

Erdbeben Guex

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[CFF] À la suite d’un voyage en Suisse alémanique un Valaisan comprend pourquoi il paie si cher son abonnement général

Les prix des abonnements généraux ne cessent de faire grincer des dents. En effet, pour s’acquitter du précieux sésame en deuxième classe, un adulte devra débourser 3655.-, et un jeune 2600.-.

Ces coûts excessifs ont pendant longtemps excédé les usagers. Heureusement, Brandon Udry un jeune Contheysan, nous a permis de comprendre ces tarifs onéreux.

Lundi dernier, alors qu’il avait congé, Brandon muni de son AG se rend à Fribourg pour une soirée organisée par la notoire CUV. Au fil de la soirée, Brandon, de plus en plus ivre, perd tous ses amis, et accessoirement tous ses repères. Seul, il ne sait pas quoi faire et instinctivement saute dans le premier train qu’il voit. L’état d’ébriété avancé de Brandon amènera le pauvre bougre à se réveiller quatre heures plus tard sur un banc de la gare de Saint-Gall. Abasourdi, le jeune homme reprend ses esprits, et essaie de demander son chemin. Grâce à son anglais approximatif il réussit à communiquer avec les indigènes et parvient à savoir quel train il doit reprendre pour retrouver son bon vieux Valais.

Quelques minutes plus tard, il entre dans le train direction Berne, et là le choc se produit, le train est sur deux étages, du jamais vu! Son siège est en cuir, et chauffant. Il y a même du wifi, et un wagon restaurant avec une carte qui ferait rougir plus d’un Café de la Place, proposant même une quinzaine de déclinaisons de la fameuse « Bratwurst ». Après avoir contrôlé huit fois s’il était bien assis en seconde classe, il se laisse tomber dans son siège si confortable et profite paisiblement de son trajet de retour.

Arrivé à Viège, il doit à nouveau monter à bord d’une bétaillère parcourant la ligne du Simplon. Comme le disent si bien les Suisses-allemands : « Ha vous les welschs jamais travail toujours rigole. » Une phrase populaire qui suffit à faire comprendre à Brandon que pour rire une bétaillère suffit mais que pour bosser un minimum de confort s’impose.

Germain Bornet

champomy

L’auteur du slogan « Sans alcool la fête est plus folle » retrouvé ligoté dans un carnotzet de Grimentz

GRIMENTZ – Une histoire qui fait froid dans le dos. C’est ce qu’a dû ressentir Michalot, un touriste belge en vacances dans le Val d’Anniviers dimanche soir. Après avoir entendu ce qui semblait être des cris provenant d’un sous-sol, il s’est dépêché sur les lieux, n’hésitant pas à forcer la porte d’un carnotzet. Là-dedans, un homme ligoté gisait au sol. Encore consciente, la victime se trouvait dans un état critique mais sa vie n’était pas en danger. D’après les premiers éléments de l’enquête, l’homme âgé d’une quarantaine d’années s’était querellé violemment avec un groupe de jeunes autochtones.

Champomy mis en cause

Joint par téléphone à l’hôpital de Sierre, la victime, un français de passage en Valais préférant rester anonyme, s’est dite consternée. Il nous raconte sa version des faits : « Après avoir sympathisé avec la bande d’Anniviards, je me suis mis à leur raconter mon parcours professionnel. C’est quand j’ai évoqué mon bref passage à Champomy que tout a basculé ». Dans une voix haletante, l’homme poursuit : « J’aurais du m’arrêter là, mais je crois que le serveur était de mèche avec eux et m’a servi un café avec un arrière-goût étrange.  Et c’est à ce moment-là, tout étourdi, que j’ai malencontreusement expliqué avoir été l’auteur du fameux slogan « sans alcool la fête est plus folle » de la marque Champomy en quatre vingt dix-sept.  J’aurais dû me douter qu’ici, dans la bourgade de Grimentz, les gaillards n’allaient pas apprécier ce genre de truc. » L’échauffourée durera plusieurs minutes et se terminera dans le carnotzet de permanence où le malheureux fut contraint par la force de boire du Vin du Glacier à l’aide d’un entonnoir. Ils le laisseront à même le sol, ligoté, non sans oublier de lui dessiner un phallus au marker sur le front.

Souvenir d’un importateur de bière sans alcool

Un évènement qui n’est pas sans rappeler un précédent qui avait suscité beaucoup d’émoi en 2012. Cette fois-ci, la scène s’était déroulée dans le village de Bruson . Un Zurichois, peu au courant des us et coutumes locales, s’était fait scotché à un télésiège dans les environs de la bourgade après s’être vanté d’être un importateur reconnu de bière sans alcool. Il avait été découvert 36 heures après par un randonneur dans un état critique.

Flappy Giroud

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[Affaire Cleusix] Sa nomination en tant que capitaine des vétérans du FC Leytron consterne ses coéquipiers

Voilà plus d’une semaine que l’équipe des vétérans du FC Leytron se cherche un capitaine suite à leur défaite 5-3 face au FC Sion au soir du mercredi 5 octobre et suite au claquage de son illustre capitaine Jacques-Alain Jacquier. Tout avait pourtant été prévu de la part des deux équipes pour éviter que les méfaits de la Foire du Valais se répercutent sur les organismes mais le malheureux capitaine s’est quand même laissé embrigader le mardi soir, veille de match.  » J’ai un peu abusé des pots de chambre. Après dix minutes, j’ai senti comme un coup de couteau dans la cuisse et en tant que boucher de profession je peux vous dire que je sais ce que c’est … »

Depuis une dizaine de jours, les cartes ont été totalement redistribuées. « Normalement on a toujours l’agape après l’entrainement du mardi mais là personne n’est resté. Tout le monde attendait la nomination du jeudi avec une certaine appréhension » déclare Alphonse Produit, libéro de formation du FC Leytron.

Hier, la composition de l’entraineur Yvan Philipoz a fait l’effet d’une bombe ! En plus de la volonté de l’entraineur de passer à une défense à trois il a aussi décidé d’accorder le brassard de capitaine à Jean-Marie Cleusix. Georges Chatriand peine à cacher sa frustration, lui qui porte le maillot des jaunes et verts depuis plus de 30 ans, « Franchement je trouve ça scandaleux, le type n’était même pas là mardi à l’entraînement car soi-disant il avait un cours de philosophie à donner à Saint-MauriceD’ailleurs avec les coéquipiers on est en train de faire une pétition pour que l’entraineur nous écoute et, s’il le faut, on ira jusqu’au comité du club… »

Cet évènement installe un climat délétère à quelques heures d’une rencontre cruciale pour la suite de la saison. Une victoire pourrait en effet permettre à l’équipe d’accrocher le wagon de tête et ne pas s’enterrer dans le ventre mou du classement. Un défi que Jean-Marie Cleusix promet d’aborder « avec philosophie« .

Innocent Dubuis, attaquant de pointe

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[Médias] En guise de réconciliation, Tamedia va offrir un Samsung Galaxy Note 7 à tous les journalistes du 24 heures et de la Tribune

Une histoire de Mea Coupable. Si la récente annonce des 24 suppressions de postes entre le 24 heures et la Tribune de Genève a suscité une profonde indignation au sein de la profession, Tamedia lance une offensive pour se racheter auprès de ses collaborateurs. L’homme fort de Tamedia, Christoph Tonini, a accepté de répondre à quelques questions.

« Ils recevront tous un Samsung Galaxy Note 7 dans leur boîte aux lettres lundi ». Christoph Tonini peine à masquer son excitation. « Nous sommes conscients que l’annonce des licenciements a jeté un froid, mais ce présent va faire l’effet d’une petite bombe et le plan d’économies résonnera comme de l’histoire ancienne », poursuit l’Italo-Suisse. Du côté d’Impressum, la nouvelle est accueillie avec un certain scepticisme. « Ce n’est pas le genre de la maison de mettre la main au porte-monnaie pour les journalistes. Quelque chose cloche dans cette démarche », estime le porte-parole du syndicat, Yves Favre.

D’autres cadeaux en vue

Si l’opération séduction n’est pas suffisamment convaincante, Christoph Tonini promet de poursuivre ce qu’il appelle « le Noël romand ». De l’initiation au « Wingsuit » au « camp découverte à Tchernobyl », en passant par l’atelier « boxer un ours », le président du comité de direction a d’ores et déjà minutieusement sélectionné « des activités inoubliables », pour des collaborateurs qu’il juge « irremplaçables ».

La bonne humeur de M. Tonini sera toutefois très vite effacée par la question de notre journaliste relative à la légitimité de son revenu global dépassant les 6 millions de francs en 2015. Le PDG s’est alors dit « outré d’avoir à nouveau affaire à des pseudo-journalistes farouchement communistes » et s’est aussitôt envolé à bord de son hélicoptère privé.

Caliméro Fournier

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[Infrarouge] Le débat entre les partisans de la carafe gratuite et les anti-radins dégénère

Le traditionnel débat hebdomadaire d’infrarouge s’est déroulé hier soir non sans un brin d’action. Habitués aux colloques remplis d’animosité entre les intervenants, les téléspectateurs ne s’attendaient surement pas à ce que le débat dégénère totalement au point de couper le direct.

Il n’a pas fallu grand chose pour que la discussion s’envenime hier soir dans les studios de la RTS. Le thème de l’émission Infrarouge en ce début octobre était « Faut-il faire payer l’eau du robinet dans les restos ? » Une fois de plus, le Valais était directement concerné par les palabres suite au tollé qu’avait provoqué un restaurant de la région martigneraine en facturant sa carafe d’eau 10 francs. Du côté des partisans de la gratuité, on retrouvait Gustave Dépraz de la Jeunesse Socialiste Vaudoise, ainsi que Rhubarbe Jaquet, clébard mondialement connu à la place de la Riponne à Lausanne. Pierre-Marie Remondeulaz, du Parti Libéral Radical de Monthey et Dédé Baillifard, restaurateur à la Croix Fédérale de Liddes garnissaient quant à eux le camp des opposants.

Si le débat avait bien débuté, il aura suffi d’une remarque de Gustave Dépraz sur l’arrogance de certains restaurateurs valaisans pour que le cocktail explose. « Salopards de socialos, vous voulez juste nous pomper notre fric » s’insurge  alors Dédé Baillafard. Après un échange d’amabilités virulents, le restaurateur lance son verre de vin (NDLR: il avait refusé qu’on lui serve de l’eau pendant une semaine de comptoir) au visage du jeune socialiste. La bagarre éclate subitement. Plusieurs minutes seront nécessaires pour interrompre l’échauffourée, le service de sécurité de la tour de la RTS étant même réquisitionné.

Le bilan des blessés demeure léger : un œil au beur noir, quelques égratignures, une patte cassée ainsi qu’une légère infection galeuse. En revanche, l’image des intervenants restera sauvagement écornée. En cette période électorale, nul doute que tant le PS que le PLR se seraient bien passé de cet incident à une heure de forte audience.

Darius Chevrier

Un écran géant retransmet l’intégralité de la Foire du Valais sur la Place de la Riponne.

[Etranger]: La Foire du Valais sera retransmise dans son intégralité sur un écran géant à La Riponne

Depuis vendredi, un petit bout de Valais a émigré en terres vaudoises. La place de la Riponne, plutôt connue pour ses rassemblements de marginaux à seringues, a redoré son image grâce à des pensionnaires d’un autre genre. Une cohorte d’expatriés valaisans a en effet élu domicile sur la célèbre place lausannoise. Devant un écran géant, retransmettant en direct la grande messe de Martigny, les drapeaux aux 13 étoiles flottent H-24.

«Déjà qu’on est condamné à se morfondre dans la brume toute la semaine, et même parfois le week-end, autant qu’on puisse regarder les autres se mettre des tôles, lance Pierre Hériter, qui a quitté ses coteaux saviésans pour étudier à l’EPFL. Et pis entre nous, entouré par la faune locale, on se sent un peu comme à la rue du Bourg à 4 heures du mat’ avec des potes défractés tout autour.» Aux côtés de Pierre, son pote Bruno Favre vient chercher sa petite dose de Foire tous les jours après les cours. «La première année, j’ai fait l’erreur de rentrer pour l’ouverture du premier vendredi, explique-t-il les larmes aux yeux. J’ai pas reposé mon cul sur les bancs d’uni avant trois semaines… Va expliquer à tes parents que t’as raté le train, non seulement à la gare pour rentrer, mais aussi en cours.» 10 jours de Foire et une semaine de récupération plus tard Bruno avait compris qu’il serait condamné à refaire sa première année d’HEC. «Forcément ça calme… ici au moins quand tu sors du Buzz après l’after retransmission et que tu lances un «quel est ce Pays merveilleux…» t’es pas repris par les vingt types qui t’entourent. L’euphorie chute et tu vas te coucher peinard.»

Si La Riponne baigne depuis quelques jours dans l’euphorie de la Foire du Valais, quelques Vaudois osent s’aventurer parmi les Valescos pour observer les scènes de liesse martigneraines. Steve Détraz est l’un d’entre eux. «Au boulot j’ai un collègue qui vient de Bovernier, toute l’année il nous raconte ses soirées du Comptoir valaisan. Vu que j’ose pas y mettre les pieds à cause de mes origines je viens tâter l’ambiance derrière le grand écran.» Une poignée de bières plus tard un de ses compatriotes lémanique avouera sous couvert de l’anonymat: «Entre nous, vaut mieux vivre une Foire du Valais virtuelle qu’un Comptoir suisse réel.» Une affirmation que personne n’a cherché à contredire.

Vital Monnet