Archives mensuelles : septembre 2016

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Notre guide pour supporter les souillasses du Comptoir

Nous sommes vendredi. Aujourd’hui c’est l’ouverture de la Foire du Valais 2016. Mais ça tu le sais très bien parce que t’as au moins cinq de tes amis qui publient chaque jour sur Facebook un petit « J-3 ! » « J-2 » etc… Alors toi aussi tu fais partie de ces gens qui subissent en silence les désagréments de cette foire de pochtrons ? Non pas que tu sois contre le Comptoir, (d’ailleurs t’as prévu une sortie avec les copains le deuxième samedi), mais tu sens que pendant 10 jours, tu vas boire, manger et sniffer de la FDV à toutes les sauces. Cesse donc de stresser car l’Alcazar a prévu un petit guide pour supporter plus facilement cette édition 2016 placée sous le signe du Japon et des jeux de mots à la con.

  • Félicitations ! Si tu nous lis maintenant, c’est que t’as déjà supporté la première étape. Celle qui consiste à inonder les réseaux sociaux d’invitations pour des billets et des permanentes avec des messages toujours identiques du style : « #CONCOURS Les manivelles de pompes à chiottes Delacrottaz vous offre la possibilité de gagner: 10 x 2 entrées pour la Foire du Valais.
    Pour participer: Aime notre page, lèche ton coude, aime ce statut et partage-le. »
  • Prépare-toi à supporter ce tsunami de photos qui va submerger Facebook. T’auras la totale. Celle avec le sombrero multicolore, celle au stand du Nouvelliste avec la fausse une du journal, celle avec un morceau de pain de seigle et un verre d’Heida en main dehors devant, celle au stand Rhône FM où t’as 12 pignoufles avec les mêmes lunettes de soleil alors qu’il fait sombre. Le tout avec une panoplie de chapeaux de mauvais goût garnissant la tête de ces champions.
  • En parlant de champions, t’en verras, toujours sur Facebook, se sentant obligé de prouver à tout le monde qu’ils font le grand chelem. Bravo à toi camarade. Mais est-ce vraiment nécessaire d’écrire chaque jour « 5/10 » ; « 8/10 » ? Es-tu rémunéré pour cela ?
  • Ces fameux champions, tous originaires de la région martigneraine, que t’auras connu au CFP, dans le car Buchard Voyages pour aller à Lloret del Mar ou encore à la finale de coupe à Bâle qui vivent tout simplement pour le comptoir. « Cette année j’ai pris congé la première d’octobre. » Cette phrase qui peut choquer à première vue devient monnaie courante plus tu descends le Rhône. Quand certains se font deux semaines en Thailande, d’autres préfèrent 10 jours à naviguer entre Martigny et Martigny-Bourg, pour un budget similaire.
  • Mais t’auras peut-être la chance de connaître un farceur (généralement un parent proche ou un collègue plus âgé) qui te feras la blague « Je pars au Japon deux semaines. » Avec un peu de bon sens, tu comprendras vite qu’il se réfère au thème de cette FDV2016. D’autant plus que c’est souvent celui qui n’est plus sorti du 027 depuis l’introduction du suffrage féminin dans le canton d’Appenzell Rhodes-Intérieures.
  • T’auras aussi droit aux polémiques en tout genre pendant cette foire. « T’as vu le sucre du Grand-Père Cornut est de plus en plus petit tcheu va » ou alors « eh mais y’a le monstre queue pour rupper un plat de nouilles Chez Tao »
  • Une semaine de comptoir c’est aussi les divers médias Valaisans qui arrêtent de couvrir les infos qui ne se passent pas dans la ville du vent. Tu pourras faire le test le samedi matin en lisant la une du Nouvelliste dédié à la Foire, t’entendras Rhône FM en fond sonore qui présentera son tout dernier jeu depuis le CERM avec Canal9 allumé dans le salon  interviewant Christophe Darbellay en direct du stand Amstein.

Voilà, on arrive au bout de ce guide. Tu t’es bien fait avoir, parce qu’en aucun cas ce guide va t’aider à mieux supporter ce Comptoir. Mais bon, tu pourras faire comme de nombreux Sédunois. Faire mine de boycotter parce que si une fête qui s’appelle la Foire du Valais ne se déroule pas dans la capitale, ça n’a aucun sens.

Mais au final, tu te feras quand même embarquer contre ta volonté dans cette ville étrange. Après avoir fait la tournée des stands à vins pour « déguster » et goûter à trois sucres au piment du grand-père Cornut, t’auras oublié où tu te trouves et tu finiras à danser sur la Place Centrale à torse nu, kebab à la main avec un chapeau multicolore coiffant ta tignasse. Tu devras courir l’avenue de la Gare pour prendre le dernier train parce que je cite « t’avais pas vu l’heure ». A l’image de tes compères autour de toi, tu oublieras que les trains ne sont plus fumeurs depuis plus de 10 ans alors tu profiteras de t’en griller une et même de tirer sur le joint du rastafari d’Uvrier derrière toi. Comme ton taux d’alcoolémie avoisinera ta moyenne en math au collège de la Planta, tu trouveras marrant d’hurler dans ce convoi comme un sauvage. Et rien que de voir les pauvres vioques avec leurs valises qui partagent ton wagon, tu profiteras de lancer des chants vraiment intelligents et entrainant tels que « et j’ai trempé mon sexe dans le verre » ou encore « j’étais saoul hier, je suis saoul ce soir et si tout va bien je serais saoul demain matin » afin de les faire regretter d’être rentré en Suisse après trois semaines à Lanzarote. Puis, t’iras te coucher avec la tête qui visse un petit peu et le sourire aux lèvres parce que tu te souviens avoir résolu le conflit israélo-palestinien au stand des Fils de Charles Favre.

Lotus Ballestraz

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[Témoignage] Un étudiant valaisan nous raconte sa première semaine d’université

« Pas mal de stress pour me mettre en route à l’uni », c’est cette phrase qui marque le début de notre entretien. Edmond, jeune étudiant contheysan vient de commencer son master en finance à l’Université de Lausanne. Selon lui, la première semaine est presque autant stressante que celle des examens.

Ces allégations ont naturellement interpellé le très occupé journaliste de l’Alcazar, Germain Bornet, qui a donc évidemment demandé à Edmond, en quoi cette première semaine était stressante.

Voilà sa réponse :

« La première semaine, c’est la semaine qui définit si tu vas passer un bon semestre ou pas. C’est la semaine qui va dire si tu vas pouvoir rentrer au pays tranquille le mercredi soir, ou le vendredi à 6h du matin si y’a une soirée de l’AUVAL. Le plus dur, c’est vraiment de manier les horaires, pour ne jamais commencer avant midi surtout le mardi, parce que le lundi soir y’a les soirées de la CUV à Fribourg.
Il faut aussi bien choisir les cours, même si l’horaire est plus important que le cours en lui-même.

Le deuxième facteur important, c’est de savoir que quelqu’un pourra prendre des notes à ta place pendant le cours. Comment est-ce que tu peux retranscrire des paroles incompréhensibles d’un professeur, alors que tu as la possibilité de glander sur Facebook ou jouer sur ton ordi pendant le cours? « 

Naïf, Germain lui demanda ensuite, s’il se faisait du souci pour les examens. Le fou rire d’Edmond ne pouvant plus s’arrêter, notre journaliste dut cesser l’interview.

Germain Bornet, pour l’Alcazar

Sam Chenennou

[Drame] Val d’Hérens, une serveuse française molestée après avoir servi une Calanda

C’est en ce mercredi 21 septembre, sur le coup des 9h du matin que s’est produit l’incident au café de la place d’Evolène. En effet, la nouvelle serveuse, d’origine alsacienne, Vanessa s’est fait attaquer par deux habitués sans raison apparente. Le patron, Stany, qui à ce moment-là était parti prendre le café amélioré dans un bar concurrent, nous affirme qu’il avait interdit à sa nouvelle recrue de servir de l’alcool avant d’avoir fini sa période d’essai.

Or, le patron absent, la jeune serveuse s’est retrouvé seul face à deux habitués, qui ont été très insistants pour avoir leurs bières afin de bien débuter la journée. L’Alsacienne, voulant bien faire, a décidé de servir les deux indigènes qui devenaient de plus en plus impatients. La commande des deux énergumènes était identique : “une blonde”. Vanessa s’exécute en tirant deux bières blondes pression « Calanda ».

C’est au moment où elle pose les rafraichissements sur la table que les choses se sont gâtées. Un des deux clients a saisi sa canne et a commencé à frapper la pauvre femme qui tentait de se protéger avec son plateau, tandis que l’autre complice essayait de lui faire un croche-patte avec ses bretelles. La scène dura plusieurs minutes sans que personne dans le bistrot ne bouge le moindre doigt. À son retour, le patron comprit rapidement ce qui s’était malheureusement produit.

Des témoins de la scène nous ont rapporté dans un français approximatif “L’erreur, autant grave soit elle, ne justifie pas de telles violences”. Stany, lui, ne peut que faire un triste constat : “Je sais qu’elle a voulu bien faire, mais je ne pourrai pas payer ses frais d’hospitalisations ni ses jours d’arrêt, étant donné qu’elle a commis une faute très grave, si elle avait attendu d’être formée comme il faut, elle aurait servi une Blonde 25 et il n’y aurait pas eu de problème”.

La victime, elle, abasourdie ne pense pas poursuivre son expérience valaisanne après cette malheureuse aventure.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel incident a lieu dans les vallées latérales de la rive gauche. L’État a d’ailleurs interdit aux restaurateurs d’utiliser du chasselas vaudois, pour les cuissons, car si par erreur il était servi en apéritif, les conséquences seraient bien plus graves.

Germain Bornet

Gontran Clivaz

[Foire du Valais] Son entreprise fait faillite après avoir refusé de mettre au concours des billets sur Facebook

Triste histoire que celle de Gontran Clivaz, directeur d’une entreprise active dans la construction. Le Randognard s’est vu contraint de mettre la clé sous la porte après avoir refusé de mettre au concours les précieux sésames. Témoignages.

C’est dans un sombre tripot de la ville de Martigny que nous retrouvons Gontran, le visage creusé par la dépression. « Un premier client a hurlé au scandale parce que je ne proposais pas de billets pour le comptoir, se remémore le néo-chômeur. Après, ils s’y sont tous mis, un maudit effet boule de neige. » Si l’homme n’était pas coutumier de la tradition des concours précédant la période de la foire du Valais, il reconnaît aujourd’hui avoir commis l’irréparable. « Il suffisait de poster un statut à faire partager et commenter. Aujourd’hui c’est trop tard. » Et le malheureux d’éclater en sanglot et de murmurer non sans aigreur, « la vie est une chienne. »

Un précédent similaire

L’histoire de Gontran Clivaz n’est pas sans rappeler celle de Guy Balmer, cet ingénieur du son aujourd’hui intermittent du spectacle. « J’avais eu la funeste idée de garder pour mes amis et moi les billets d’un match du FC Sion. J’aurais pu maximiser des likes sur la page de mon entreprise et éviter de sombrer dans l’oubli » déplore celui qui, à cause de son égoïsme, a fait l’objet d’un lynchage public.

Deux cas d’espèce qui, faut-il l’espérer, dissuaderont les entreprises de la région de sortir du rang. La rédaction de l’Alcazar met par ailleurs 20 billets au concours. Pour participer, il vous suffit de prendre le train jusqu’à Martigny-Croix, de vous rendre aux caisses de la foire et vous pourrez y retirer les précieux billets moyennant une contrepartie financière. Bonne chance à tous.

Caliméro Fournier